Les institutions en France                                        Version longue en pdfÂ
Rappel sur lâĂ©volution de la gouvernance des communes : ce rapide
résumé ne donne que les éléments essentiels.
Avant la révolution :
Les intendants représentent le roi et assurent la tutelle des communautés, tant sur le plan financier que judiciaire et policier.
De 1789 Ă 1799 : Suffrage censitaire
Les agents municipaux (maires) sont élus au suffrage direct pour deux ans et rééligibles par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impÎt au moins équivalent à dix journées de travail.
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En 1792, lâĂ©tat civil sĂ©culier est instaurĂ©, transfĂ©rant la gestion des registres de lâEglise aux communes. Le mariage civil devient la forme lĂ©gale du mariage.
Ă partir de 1801 le maire est chargĂ© seul de lâadministration de la commune et les conseillers ne sont consultĂ©s que lorsquâil le juge utile. La Restauration conserve la nomination des maires et des conseillers municipaux.
AprÚs 1831, les maires sont nommés par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites ; les conseillers municipaux sont élus pour six ans.
A partir de 1871, câest le systĂšme actuel qui est mis en place.
La mairie et lâĂ©cole Loi du 11 florĂ©al de lâan 10 votĂ©e le 1er mai 1802
Câest Ă la commune et donc au maire de celle-ci de trouver le personnel enseignant et un lieu pour le loger. Pour les parents qui ne peuvent pas payer les Ă©tudes de leurs enfants, il est prĂ©vu de les aider en les dispensant de la contribution scolaire.
L’ordonnance du 29 fĂ©vrier 1816 oblige les communes Ă veiller Ă ce que tous les enfants pauvres reçoivent gratuitement l’instruction ; la rĂ©tribution scolaire est payĂ©e Ă l’instituteur directement par les familles non dispensĂ©es, le plus souvent une partie en argent et une partie en nature. Cet usage s’est perpĂ©tuĂ© jusqu’en 1833. Aux termes de la loi du 28 juin 1833, la commune est tenue de fournir Ă l’instituteur, outre le local, un traitement fixe. Le maĂźtre continue d’ailleurs Ă jouir de la rĂ©tribution des Ă©lĂšves.
Lâenseignement Ă Franois
Avant 1832, lâemplacement de lâĂ©cole nâest pas connu, mais des archives nous confirment lâexistence de lâenseignement dans nos communes. Peut-ĂȘtre les enfants Ă©taient-ils scolarisĂ©s Ă Serre ?
En 1803, Antoine François BOUVERET fut engagĂ© comme instituteur par les communes de Serre et Franois : « Le dit BOUVERET sera chargĂ© dâenseigner tous les enfants mĂąles qui lui seront confiĂ©s Ă lire, Ă©crire lâarithmĂ©tique et le plain chant Ă ceux qui auront les dispositions comme aussi dâassister monsieur le curĂ© dans toutes les fonctions ecclĂ©siastiques , sonner tous les coups de cloche nĂ©cessaires au culte catholique, remonter lâhorloge de la paroisse autant de fois quâil en aura besoin et il lui sera payĂ© pour ses peines et salaire la somme de 260 et quinze francs âŠde mĂȘme quarante francs pour loger lâinstituteur, le tout payable moitiĂ© par chaque commune. De plus il fera payer par chaque enfant quâil enseignera la somme de 40 centimes par chaque mois pour ceux qui nâĂ©criront pas et 50 centimes pour ceux qui Ă©criront et apprendront lâarithmĂ©tique et le dit Bouveret sâoblige de porter et faire porter lâeau bĂ©nite faite le dimanche dans toutes les maisons et il lui sera payĂ© pour ses peines une gerbe de bon blĂ© froment par chaque laboureur ou cultivateur et 50 centimes pour ceux qui ne cultivent pas ..en outre par la commune de Serre du bois par bĂ»che comme aux autres habitants de la commune et la commune de Franois, 3 moules de bon bois ainsi le tout convenu stipulĂ© entre toutes les partiesâŠÂ»
Le 7 fĂ©vrier 1832, une dĂ©libĂ©ration relative Ă lâacquisition dâune maison dâĂ©cole est prise. « La commune nâayant point de maison dâĂ©coleâŠÂ » : il sâagit « dâune maison rĂ©cemment bĂątie sise au milieu du village vis-Ă -vis de lâĂ©glise composĂ©e au rez-de-chaussĂ©e dâune grande salle propre Ă une Ă©cole, dâune cuisine et dâune chambre et de quatre autres piĂšces Ă lâĂ©tage et y est contigu un petit terrain pour un jardin et une autre petite maison qui peut servir le pĂątre et que lâon pourrait y loger lâinstituteur et lâon pourrait y rĂ©server une chambre pour y dĂ©poser les papiers et les titres de la commune et y rĂ©unir le conseil municipal de la commune.»
Le 8 janvier 1848 la commune dĂ©cide de prendre en charge le paiement des mois dâĂ©colage : Ă la suite du retrait d’enfants des Ă©coles par les parents prĂ©textant quâils ne pouvaient payer la rĂ©tribution scolaire, le conseil municipal a mesurĂ© le risque du dĂ©faut dâĂ©ducation.
Le 16 mai 1853, par dĂ©libĂ©ration, le conseil municipal dĂ©cide de la construction dâune maison dâĂ©cole. « ConsidĂ©rant que celle que possĂšde la commune est trĂšs mal placĂ©e et distribuĂ©e, que les salles qui sont trop basses et prenant jour sur la place publique exposent les enfants Ă une continuelle dissipation qui les empĂȘche de faire des progrĂšs, que les enfants ne peuvent sortir de lâĂ©cole pour des besoins naturels sans arrĂȘt sur la place publique oĂč ils vont souvent pour voir ce qui sây passe et se dissiper.» Le Conseil dĂ©cide de construire une Ă©cole convenablement situĂ©e et appropriĂ©e.
En 1860 : les dĂ©penses occasionnĂ©es par la construction de la maison dâĂ©cole pourraient ĂȘtre couvertes de la façon suivante : la somme disponible en caisse, la vente de 4 ha de terrain occupĂ© par le chemin de fer de Bourg, les bois abattus et vendus au profit de la commune et « la vente des matĂ©riaux de lâancienne Ă©cole et de ceux des autres maisons comprises dans le projet, dont lâune est acquise et lâautre en voie dâexpropriation. »
M. BAILLE, architecte Ă Besançon a Ă©tĂ© chargĂ© dâĂ©tudier la faisabilitĂ© de la construction, prenant en compte « la nĂ©cessitĂ© de donner Ă la nouvelle construction plus de dĂ©veloppement quâĂ lâancienne et la commune a Ă©tĂ© autorisĂ©e Ă faire lâexpropriation dâune maison voisine. Le bĂątiment renfermera la salle de classe, la mairie, le dĂ©pĂŽt des pompes Ă incendie, le logement de lâinstituteur, une salle pour la perception et les rĂ©unions municipales telles que les Ă©lections, les distributions dâaffouage et les adjudications. La commune de Franois se trouvant dans une position trĂšs saine, Ă portĂ©e dâune station de chemin de fer, on peut prĂ©voir le cas oĂč un instituteur aurait des pensionnaires, câest pourquoi on a disposĂ© une piĂšce pour un dortoirâŠLa salle de classe aura 10 mĂštres de longueur et 6 mĂštres de largeur. On emploiera la pierre de taille pour les angles du bĂątiment, les encadrements des baies, lâavant corps de la corniche. Elle sera extraite des bonnes carriĂšres du pays, sauf la corniche et le campanile que nous avons supposĂ©s extraits des carriĂšres des Essarts Martin (dĂ©couverte par A Delacroix, vers Velesmes), dans la crainte quâon ne puisse trouver ces morceaux dans celles du pays. Les mortiers seront composĂ©s de chaux hydraulique et de gravier de riviĂšre dans la proportion de 3/5 de gravier et 2/5 de chaux. »
Les latrines devaient se trouver hors du bĂątiment. Cette petite construction Ă©tait situĂ©e Ă lâangle Ouest, comprenant 2 cabinets dallĂ©s, lâun avec siĂšge pour lâinstituteur et sa famille, lâautre – à la turc – pour les Ă©lĂšves. « Pour abrĂ©ger le trajet, on pourra ouvrir 2 portes lâune intĂ©rieure, lâautre extĂ©rieure dans un tambour pratiquĂ© dans le bĂ»cher.»
En 1864, compte tenu que « le logement de lâinstitutrice laisse beaucoup Ă dĂ©sirer, surtout la salle de classe qui nâa que 24 m2 pour contenir en hiver 40 et quelques Ă©lĂšves sur 2,60 m de hauteur, quâil est Ă©vident que plus tard, lorsque la commune sera Ă mĂȘme de faire une plus grande dĂ©pense pour approprier cette maison convenablement (bĂątiment actuel occupĂ© par la poste), que dâun autre cotĂ© la maison neuve qui vient dâĂȘtre construite est vaste et quâil est trĂšs facile au moyen dâune faible dĂ©pense dâen approprier une partie pour loger lâinstitutrice sans nuire en quoi que ce soit au logement de lâinstituteur .» Il est proposĂ© dâamĂ©nager un logement dans le nouveau bĂątiment avec la collaboration de M. BAILLE, architecte. Par la suite, cette maison sera proposĂ©e Ă la location et donc lâĂ©cole de filles est dĂ©placĂ©e vers la nouvelle construction.
En avril 1866, le conseil municipal, Ă©tablit le traitement de M. Eme Jean Claude nommĂ© instituteur : une somme de sept cents francs ; une somme de cinquante francs pour remonter lâhorloge ; une somme de 50 francs pour le secrĂ©tariat de mairie.
Le 15 mars 1866, le nouveau bùtiment est réceptionné par M. BAILLE architecte.
En dĂ©cembre 1867, Ă la suite dâune circulaire du prĂ©fet de juillet 1867 relative Ă lâexĂ©cution de la loi du 10 avril 1867 sur lâinstruction primaire, le conseil municipal apporte les rĂ©ponses suivantes :
- « La commune dont la population est de 529 habitants possÚde une école spéciale de filles et garçons (école mixte) et une école spéciale de filles.
- Lâenseignement des deux Ă©coles est entiĂšrement gratuit, les dĂ©penses relatives Ă lâinstruction sont en totalitĂ© Ă la charge de la commune qui y pourvoit au moyen de ses revenus ordinaires. Lâinstituteur et lâinstitutrice jouissent de traitements fixes qui leur sont payĂ©s par trimestre.
- Un cours dâadulte gratuit est fait par lâinstituteur. Ce cours a Ă©tĂ© ouvert sans autre formalitĂ© que lâautorisation de lâinspecteur dâacadĂ©mie et par suite dâune indiffĂ©rence regrettable, il nâest suivi que par un petit nombre de jeunes gens.»
ConsĂ©quemment Ă la guerre de 1870 : au vu de la circulaire du 24 juillet dernier et les instructions du prĂ©fet relatives Ă lâĂ©tablissement dans les bĂątiments communaux dâambulances destinĂ©es Ă recevoir les blessĂ©s, les Ă©lus ont proposé :
- « la salle de classe des garçons Ă©tant trĂšs saine et pouvant contenir facilement 12 lits fournis et garnis par lâinitiative individuelle elle sera mise incessamment Ă disposition des blessĂ©s.Â
- le linge, les soins de garde sont aussi offerts par les habitants de telle sorte quâil ne resterait Ă la charge du gouvernement que les mĂ©dicaments et la nourriture.Â
- une concession perpĂ©tuelle de 5m20 de terrain au cimetiĂšre de la paroisse a Ă©tĂ© accordĂ©e par une dĂ©libĂ©ration du 15 mars dernier moyennant la somme de 260 francs qui a Ă©tĂ© versĂ©e Ă la caisse municipale. Aux termes de la loi, 1/8 de cette somme, soit 86,67 francs revient aux indigents peu nombreux dans notre commune. Le conseil a proposĂ© dâaffecter cette somme Ă lâachat de linge neuf et Ă la construction de bois de lits si nĂ©cessaire. »
Comme la sympathie pour ces malheureux blessĂ©s ne peut que sâaccroĂźtre et stimuler lâinitiative individuelle, le conseil espĂšre quâil lui sera possible ultĂ©rieurement de convertir aussi en ambulance la salle de classe des filles qui pourra contenir 8 lits ».
La loi du 16 juin 1881 Ă©tablit la gratuitĂ© de lâenseignement primaire dans les Ă©coles.
En 1888 : au terme et en vertu de la loi du 28 mars 1882, -Loi FERRY-, il y a lieu de dĂ©signer 4 conseillers pour faire partie de la commission scolaire, « chargĂ©e de surveiller et dâencourager la frĂ©quentation des Ă©coles ».
En février 1892 : la commune de Franois ne possÚde aucune statue représentant des grands hommes ou la République, 300 francs sont prévus pour acheter le buste de la République et le placer contre la façade de la maison commune.
Centenaire de la RĂ©publique : pour marquer cet anniversaire, lâillumination et le pavoisement des Ă©difices communaux sont dĂ©cidĂ©s. Le 16 septembre 1892 le maire demande au conseil ce quâil prĂ©tend faire au sujet du centenaire de la RĂ©publique de maniĂšre Ă le fĂȘter le plus grandement possible et pour attirer Ă cette occasion le plus dâhabitants possible de la commune pour cĂ©lĂ©brer dignement cette date mĂ©morable.
La délibération suivante est prise :
- « afin de cĂ©lĂ©brer dignement la fĂȘte du 22 septembre, tout homme dĂšs lâĂąge de 15 ans pourra se faire dĂ©livrer un bon pour une consommation de la valeur de 80 centimes et les petits garçons dĂšs lâĂąge de 10 ans auront droit Ă la consommation dâune bouteille de limonade. Cette consommation se fera le 22 septembre par les soins dâun cafetier de la localitĂ©.
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- le montant de cette dĂ©pense sâĂ©tant Ă©levĂ© Ă la somme de 155 francs le Conseil vote Ă lâunanimitĂ© cette dĂ©pense, heureux dâavoir fait cĂ©lĂ©brer dignement le centenaire de la RĂ©publique dans la commune. »
Dans le registre des délibérations, le compte rendu de cette journée de la journée du 22 septembre 1892 est relaté et le discours du maire rapporté.
En 1893, le perron en pierre de taille de la maison commune de Franois est complÚtement détérioré par la gelée, les marches présentent des creux. Les pierres de taille pour les marches et le palier seront prises dans les meilleurs bancs des carriÚres de la Malcombe à Besançon.
En septembre 1908, une circulaire du ministre invite de façon pressante Ă lâorganisation du tir dans les Ă©coles. Le conseil municipal « considĂ©rant les avantages de cet exercice pour les jeunes gens en vue du service militaire qui pourront acquĂ©rir les qualitĂ©s de bon tireur, si indispensable au bon soldat vote la somme de 80 francs pour lâachat de la carabine nĂ©cessaire Ă lâexercice du tir ».
En 1929, des lampes sont placĂ©es dans les salles de classe. Le travail est confiĂ© Ă la compagnie dâentreprises industrielles de Franche ComtĂ©.
En 1953, le Maire donne connaissance de la circulaire prĂ©fectorale en date du 12/09/52 portant application de la loi du 28/09/1951 instituant une allocation scolaire et prĂ©cisant les conditions dâĂ©tablissement des programmes Ă subventionner au titre de lâannĂ©e 1953 (loi BĂ©ranger).
En janvier 1954, le Maire communique aux Ă©lus la lettre du prĂ©fet du Doubs qui donne des prĂ©cisions sur la nĂ©cessitĂ© de construire un groupe scolaire Ă la Belle Etoile. Lâarchitecte agréé, M. Pierre NOE (13 fĂ©vrier 1954) est dĂ©signĂ© pour cette opĂ©ration. Inauguration en 1956.
En 1961, il est dĂ©cidĂ© dâacquĂ©rir des terrains pour le sport, considĂ©rĂ© de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, vu lâaugmentation constante des habitants, ce qui reprĂ©sente un grand nombre de jeunes gens et surtout dâenfants frĂ©quentant lâĂ©cole.  Le principe dâamĂ©nagement est dĂ©cidĂ© en 1963.
En juin 1963, une classe mobile est attribuĂ©e Ă la commune Ă titre de prĂȘt. Les travaux doivent ĂȘtre terminĂ©s en septembre Lâemplacement retenu est derriĂšre le bĂątiment Ă©cole mairie avec un logement louĂ© par un privĂ© et bail qui se termine en 1969. Il est dĂ©cidĂ© de construire une maison prĂ©fabriquĂ©e, car lâinstitutrice est logĂ©e Ă Serre les Sapins.
En 1967, des tractations sont effectuĂ©es avec des propriĂ©taires privĂ©s pour lâacquisition de terrains limitrophes du futur terrain de sport, dans le but de construire un groupe scolaire au lieu-dit « Chaney ».
En 1970, compte tenu que la commune est dotĂ©e de 6 classes dont 4 prĂ©fabriquĂ©es rĂ©parties en plusieurs lieux, de lâaugmentation de la population, de la nĂ©cessitĂ© dâouvrir de nouvelles classes tous les 2 ans, que la commune ne dispose plus dâemplacement proche des Ă©coles actuelles, le conseil municipal dĂ©cide dâeffectuer une demande Ă lâinspection acadĂ©mique pour une construction nouvelle.
Le 20 octobre 1971, le projet de construction scolaire est approuvĂ© par la prĂ©fecture du Doubs. Le conseil dĂ©cide de confier lâĂ©tude du projet et la surveillance des travaux relatifs aux amĂ©nagements extĂ©rieurs Ă la Direction DĂ©partementale de lâEquipement. Cette mĂȘme annĂ©e, le permis de construire est dĂ©livrĂ© pour Ă©difier 4 logements pour les enseignants, rue de lâEglise.
En 1997, les Ă©coles de la place de la mairie sont supprimĂ©es et dĂ©placĂ©es vers le groupe scolaire existant. En 1985, lâĂ©cole maternelle accueille les premiers Ă©lĂšves et en 1992, la cantine est mise en place.
Source : archives communales.