Un passé militaire sur Franois
En 1815, des arbres ont été abattus dans la forêt destinés à être employés par le génie et l’artillerie militaire pour la mise en état de défense de la place de Besançon et divers endroits du département du Doubs. En 1826, des chênes sont coupés pour la marine.
En 1831, les 25,26 et 27 juin, lors de la visite de Sa Majesté Louis Philippe premier en Franche Comté, trois bataillons furent cantonnés à Pouilley-les- Vignes, aux Montboucons, à Pirey, Ecole, Valentin, Serre, Franois et St Ferjeux.
Guerre 1870 : La guerre de 1870 opposa la Confédération allemande à la France durant 6 mois. Le Chancelier du roi de Prusse, Bismarck, s’étant fixé pour but l’unité de l’Allemagne sous l’autorité de son pays.
1er juillet 1870 : Au vu de la circulaire du 24 juillet dernier et les instructions du Préfet relatives à l’établissement dans les bâtiments communaux d’ambulances destinées à recevoir les blessés, les élus ont proposé :
« -la salle de classe des garçons étant très saine et pouvant contenir facilement 12 lits fournis et garnis par l’initiative individuelle elle sera mise incessamment à disposition des blessés.
– Le linge, les soins de garde sont aussi offerts par les habitants de telle sorte qu’il ne resterait à la charge du gouvernement que les médicaments et la nourriture.
– Une concession perpétuelle de 5m20 de terrain au cimetière de la paroisse a été accordée par une délibération du 15 mars dernier moyennant la somme de de 260 francs qui a été versée à la caisse municipale ; aux termes de la loi, 1/8 de cette somme, soit 86,67 francs, revient aux indigents peu nombreux dans notre commune. Le conseil a proposé d’affecter cette somme à l’achat de linge neuf et à la construction de bois de lits si nécessaire.
– Comme la sympathie pour ces malheureux blessés ne peut que s’accroitre et stimuler l’initiative individuelle, le conseil espère qu’il lui sera possible ultérieurement de convertir aussi en ambulance la salle de classe des filles qui pourra contenir 8 lits. »
Courrier franc comtois du 7 février 1871 :
Les avant-postes de la première division occupent Chatillon, Devecey, Auxons- Dessus, Serre, Franois, la Belle Etoile, la Félie, la Marne, Chemaudin etc…
La presse ne relate pas de combats sur notre secteur, le théâtre des hostilités se situant sur la Haute Saône.
19 mars 1871 : Par suite de la guerre un certain nombre d’hommes appelés sous les drapeaux ou décédés ne sont plus dans leurs familles. Le nombre d’attelages de bœufs et chevaux a diminué, il semble donc équitable d’accorder un dégrèvement de prestations pour les hommes absents ou décédés.
Sont concernés :
– Coquillard Frères, 1 attelage, réduction de culture
– Gillet JB, 2 hommes décédés et 1 attelage pour réduction de culture
– Maurivard J Aubin, 1 homme décédé
– Renaud J Claude décédé, 1 homme et 2 bœufs, suppression de culture
– Renaud Pierre décédé, 1 homme
– Domboy Emile décédé, 1 homme
1871 : Plusieurs habitants font état de vol de bois, d’échalas, de fagots, de foin, paille, vin, pommes de terre, outils et de dégradations diverses dans des maisons par les troupes françaises stationnées à Franois.
Le 10 mai 18971, un inventaire des objets ayant appartenu à l’armée et déposés à la mairie est dressé : fusils Chassepot entiers (15) et brisés (3), sabres baïonnette avec fourreau (15), sans baïonnette(3), porte sabres (17), gibernes (21), cartouchières (18), une charrette, 2 roues abandonnée le 26/01 dans la commune par le 18-ème corps d’armée sur laquelle on lit : Charles Galochet, laboureur au Marcault de Coulon, arrondissement de Gien (Loiret), une autre charrette abandonnée le 21 mars par le cantinier du 24e de marche (mobiles de la Haute Garonne), 3e bataillon. Ce véhicule ne lui appartenait pas, il avait été recueilli par lui dans le cours de la campagne.
21 mars 1872 : Pendant le cantonnement du 3eme bataillon du 24e régiment de marche, les troupes ont coupé dans la forêt le bois nécessaire à leur usage et au départ de ce corps son commandant a délivré un bon de 28 800 rations de bois pour lequel l’intendance a versé une somme de 691,21 francs
Mars 1876 : Sept tombes de militaires existaient, dont 6 étaient groupées et identifiées par le nom des défunts et la tombe isolée ne portait aucun signe distinctif. Le Conseil Municipal décide de transférer les restes des corps sur la tombe isolée.

En Juin 1891 : Le Conseil Municipal vote une somme de 20 francs pour l’entretien des tombes des militaires morts pendant l’année 1870-1871
4 juillet 1905 : Une somme de 10 francs a été mise à disposition par le ministère de l’intérieur pour l’entretien de la tombe militaire de la commune.
Le préfet dit « son attachement à ce que les municipalités apportent la plus grande sollicitude à l’œuvre de conservation des tombes de 1870/71. Les subsides mis à disposition sont à utiliser pour la réfection des peintures des grilles, soins au monument, appropriation du terrain et renouvellement du gravier de protection. »
En 1911 et 1913 : Le ministre de l’Intérieur et des cultes accorde une subvention pour l’entretien de la tombe militaire de la commune, somme utilisée pour la réparation et la peinture de la grille d’enceinte. Cette tombe est disparue aujourd’hui.
L’OUVRAGE « AU BOIS « DE FRANOIS » appelé communément « le fort »
L’ouvrage fortifié au lieu-dit « Au Bois » appelé communément « le Fort » est situé à 250 m de la nationale, au bout du chemin des Quatre-Journaux (ancien chemin stratégique). Construit en 1891-1892, il est situé sur la colline point côté 308, il battait de ses feux la route et la voie ferrée venant de Dijon. Il s’inscrivait dans la ceinture fortifiée de Besançon.
C’est un ouvrage permanent sans garnison.
A armer au moment du besoin, effectif prévu : ½ compagnie d’infanterie plus l’effectif servant les pièces.

Ouvrage « Au Bois »
1899 : La mairie accepte la proposition du génie militaire sur le tracé du chemin de la grande Sommière qui relie l’accès aux ouvrages militaires dits « Au Bois » à la route de Dole
26/09/1891 : Au terme de l’article 4 du décret du 8 /02/1868 et à la suite de l’arrêté d’occupation temporaire de Mr le Préfet du département du Doubs en date du 12 septembre 1891 le lieutenant-colonel Gillet se rend sur la parcelle 1 section D, « Au Bois » pour procéder à l’état des lieux
11/02/1892 : Sur autorisation du préfet, il est procédé à la vente aux enchères publiques du bois sur le terrain exproprié par décret du 2 octobre 1891 pour la construction d’ouvrages militaires au lieu-dit « Au Bois », sur une surface de 2ha70 centiares.
Le bois a été vendu par adjudication pour 4 050 francs
31/01/1892 : La décision est prise de vendre 2Ha70 centiares au génie à 3 000 francs par Ha, somme offerte par le génie, bois compris. Compte tenu que le bois a été vendu, la somme due par le génie s’élève à 4 050 francs. Le conseil réserve le droit de passer sur les chemins militaires toutes les fois qu’il en sera besoin et demande que le génie répare au plus tôt le chemin des Aiguilles pour faire les vidanges des coupes y aboutissant. Vente effective le 25 mars 1892.

Cet ouvrage se compose d’un réduit d’infanterie (au fossé maçonné côté garnison), encadré par deux batteries d’artillerie de quatre pièces (les emplacements de canons étant séparés par des merlons de terre), les batteries sont armées par des canons de 120.
Le canon de 120L :
– Canon et affût en acier
– Calibre 120 mm
– Obus 18 à 19 kg
– Longueur du tube 3,24m, Poids du tube 1200 kg
– Portée 8 200 à 8 950 m
– Poids en batterie 2 660 kg, attelage 6 chevaux
Une source, Rouby, a été aménagée à proximité, récupérant ainsi les eaux de ruissellement. Des bornes délimitent également le terrain militaire.
1959 : Par délibération du 6 juillet 1959, le Conseil Municipal de Franois décide d’acquérir l’ouvrage militaire enclavé dans la forêt de Franois et de soumettre les parcelles concernées au régime forestier.
MAGASINS A POUDRE DE L’OUVRAGE « AU BOIS »
Appelés communément « poudrières »; L’ouvrage était servi par deux magasins à poudre, construits en 1889 (la Prabé et Serre-les-Sapins), que reliait le chemin stratégique.
La PRABÉ : Aujourd’hui : «PRABEY» Capacité :14 400 kg

Cédé à la ville de BESANCON le 07/12/1963, ce magasin à poudre n’existe plus aujourd’hui, comblé ou détruit pour aménager la zone commerciale de Châteaufarine.
SERRE LES SAPINS

Cédé à la commune de Serre-les Sapins le 26 octobre 1966. Vendu par la commune de Serre-les-Sapins, il est désormais sur un terrain privé.
Capacité :21 000kg. Ces deux magasins que reliait le chemin stratégique servaient l’ouvrage « Au Bois ».
Sources : Archives communales. Annuaire statistique et historique du Doubs. Site « Avalfort ».