L’oratoire est placé sur le Grand Chemin, sans doute lieu d’un ancien passage à la croisée des chemins. Point de repère situé sur une hauteur, bien visible, le long d’une voie passante, il est le témoignage de la culture chrétienne. Il a probablement remplacé quelque marque de culte païen.
Les premiers évangélisateurs de la Gaule s’efforcèrent de détruire ces témoins des cultes anciens.
Des arbres qui entourent l’édicule apportent la vie à un monument en pierre mais procurent aussi l’ombre au passant qui s’arrête. De nombreux édifices similaires sont ainsi entourés d’une frondaison.
Mais quand a-t-il été édifié ?
La seule certitude nous est donnée par le cadastre de 1828 sur lequel il apparaît. Une ancienne carte de 1764 nous indique l’existence d’un oratoire, mais l’imprécision ne permet pas d’affirmer sa présence à cette date-là.
Peut-être a-t-il été établi à la suite de la terrible épidémie de peste qui a décimé la population en Franche-Comté (1635-1640) ?
Comme toujours dans le cas de menaces ou drames, la population s’en remet à la protection divine. Mais ce n’est là qu’une simple hypothèse.
Avant sa destruction pendant la dernière guerre, l’édifice abritait une statue de Sainte Marie-Madeleine, probablement succédant à d’autres saints protecteurs des voyageurs.
D’après les anciens du village, on la sortait chaque année lors d’une manifestation religieuse. Elle se trouve actuellement dans la chapelle à droite en entrant dans l’église.
Ce qui restait de l’oratoire a subi le bombardement du 8 septembre 1944.
Deux versions courent sur le fait que la statue ait été sauvée de la destruction :
- Une voisine de la chapelle a retrouvé la statue intacte sous les décombres.
- La statue aurait été oubliée dans l’église suite à la dernière manifestation religieuse.
En 1948, un comité composé d’élus est mis en place pour l’étude de la reconstruction de l’oratoire.
Finalement en 1957, un nouvel ouvrage dédié à la Vierge (dénommée la Vierge de la Libération) est édifié, tel que nous le connaissons aujourd’hui. Il a été réalisé selon les plans de l’architecte Pierre NOË pour la somme de 3 276 francs. La commune avait reçu une indemnité par le Service de reconstruction.
En 1967, deux marronniers sont abattus pour les besoins de l’élargissement du CD 11.