Le chemin de Fer à Franois                                         En savoir plus
Lâinstallation de la voie ferrĂ©e sur le territoire de la commune de Franois a eu un impact visuel, social avec la venue de nouvelles familles et Ă©conomique en facilitant les dĂ©placements et le commerce.
Des documents publics, tels que les archives municipales, les archives dĂ©partementales et autres articles de presse de lâĂ©poque retracent lâhistoire des lignes de chemin de fer qui desservent Franois.
Pour se situer dans lâhistoire des chemins de fer :
Le premier chemin de fer français a Ă©tĂ© construit et mis en service en 1827, sous le rĂšgne de Charles X, entre Saint -Etienne et AndrĂ©zieux, ancien port de Saint-Ătienne sur la Loire. Il faisait 18 km de long. Les wagonnets Ă©taient tirĂ©s par des chevaux. Transport de houille essentiellement. Les rails Ă©taient en fonte. En 1831, apparaĂźt la premiĂšre locomotive Ă vapeur. Ainsi commence le transport de voyageurs.
 Précocité du projet : époque de LOUIS-PHILIPPE, roi des Français de 1830 à 1848 :
En 1838, M. PARANDIER, ingĂ©nieur des Ponts et chaussĂ©es, nĂ© Ă Arbois en 1804, est dĂ©signĂ© par le sous-secrĂ©taire dâĂtat pour mener les Ă©tudes de ce chemin de fer. Pour dĂ©marrer le projet, un crĂ©dit du Conseil GĂ©nĂ©ral de 2 000 francs est accordĂ©. Par la suite, la ville de Besançon et plusieurs autres communes votent des fonds pour les frais dâĂ©tude.
Courant 1841, M. le Sous-SecrĂ©taire dâĂtat dĂ©cide de la mise en enquĂȘte du projet de chemin de fer de Mulhouse Ă Dijon par la vallĂ©e du Doubs, rĂ©digĂ© par M. PARANDIER. Cette mĂȘme annĂ©e, le conseil municipal de Franois prenait une dĂ©libĂ©ration dans laquelle il approuvait le projet et abandonnait gratuitement les terrains communaux compris dans le tracĂ© du projet. De plus il vote 2 000 Francs.
Une loi est promulguĂ©e le 11 juin 1842 qui dessine le futur rĂ©seau ferrĂ© de France. La variante entre le Doubs et lâOgnon par Recologne, Marnay nâest pas retenue.
Le 29 octobre 1844, le conseil municipal, « considĂ©rant que la crĂ©ation de cette communication est trĂšs importante pour le pays, vote la somme de 3 000 francs en faveur dudit projet. » Il augmente donc de 1 000 francs la dote faite en dĂ©cembre 1841 mais retire son vote fait Ă la mĂȘme date par lequel il cĂ©dait gratuitement les terrains communaux compris dans le tracĂ© adoptĂ©.
Le 21 juin 1846, LOUIS-PHILIPPE, roi des français, promulgue la loi relative au chemin de fer de Dijon Ă Mulhouse avec embranchement dâAuxonne sur Gray et de Dole sur Salins-les-Bains. Dans le document, il est stipulĂ© que Ă terme, le chemin de fer aura deux voies sur tout son dĂ©veloppement…
Le 12 fĂ©vrier 1852, LOUIS NAPOLEON, alors PrĂ©sident de la RĂ©publique française, dĂ©crĂšte la concession du chemin de fer de Dijon Ă Besançon Ă la compagnie composĂ©e dâinvestisseurs.
Le cahier des charges précise :
« – les travaux de la ligne de Dijon Ă Besançon devront ĂȘtre terminĂ©s dans le dĂ©lai de trois annĂ©es au plus tard,
– les terrains seront acquis et les travaux dâart seront exĂ©cutĂ©s immĂ©diatement pour deux voies ; les terrassements pourront ĂȘtre exĂ©cutĂ©s et les rails pourront ĂȘtre posĂ©s pour une voie seulement.
– le nombre, lâĂ©tendue et lâemplacement des gares seront dĂ©terminĂ©s par lâadministration.»
 Les terrains :
En juin 1852, la commune retient un expert qui devra estimer tous les terrains cĂ©dĂ©s qui doivent ĂȘtre occupĂ©s par le chemin de fer. Mais les discussions et dĂ©marches pour les indemnisations dureront plusieurs annĂ©es.
Le 18 avril 1853, suite Ă la confection de nouvelles tranchĂ©es dans la perspective de lâĂ©largissement de la ligne de chemin de fer, les corps des chĂȘnes seront Ă©quarris pour ĂȘtre employĂ©s Ă la construction du beffroi et Ă diverses rĂ©parations des bĂątiments communaux. Le terrain occupĂ© reprĂ©sente une surface de 7 ha 46 ares 42 centiares.
Lâaboutissement :
Sur le fronton de la gare Ă la façade similaire aux suivantes (Dannemarie, etc..), est indiquĂ©e la date de 1854. La halte est prĂȘte et la ligne sera opĂ©rationnelle prochainement.
Les gares :
 Les stations principales se trouvent naturellement fixĂ©es par la position des villes et points importants tels que Mulhouse, MontbĂ©liard, Clerval, Besançon et par nĂ©cessitĂ© de placer Ă des distances de 35 Ă 50 Km, des haltes ou les machines peuvent ĂȘtre approvisionnĂ©es en eau et en combustible ou remplacĂ©es si besoin.
En second ordre, elles sont placées au point de croisement avec les chemins de grande communication. à Franois, la gare sera placée sur celui de Jallerange à Besançon.
En 1961, la route a Ă©tĂ© dĂ©placĂ©e lors de la suppression du passage Ă niveau. Elle franchit les voies par un pont route mis en service le 17 octobre de la mĂȘme annĂ©e.
Le 18 février 1856 :
 Une visite de la nouvelle ligne est organisĂ©e. Le journal « LâImpartial » prĂ©cise : « âŠÂ Les jolies stations de Franois et de Dannemarie ont Ă©tĂ© dĂ©passĂ©es en 20 minutes ; la demi-heure nâĂ©tait pas dĂ©passĂ©e, quand la station de St Vit a Ă©tĂ© atteinte. »
 Le 7 avril 1856 :
On peut lire dans le journal citĂ© prĂ©cĂ©demment : « Entre Paris et notre ville, la locomotion par voie de fer est aujourdâhui complĂštement Ă©tablie. Il y a maintenant 3 lieues dâici Ă Dijon. La distance de Besançon Ă Dole est dâune heure et demi. Câest ce que lâon a vĂ©rifiĂ© hier, jour de lâouverture de la section de Dole Ă Besançon. »
La veille, le journal avait publié les horaires du chemin de fer de Dijon à Besançon, avec la mention « Service à dater du 7 avril 1856 ».
La compagnie PLM, créée le 11 juillet 1857, a racheté de petites compagnies.
La ligne Besançon Bourg :
En 1860, elle est en cours dâexĂ©cution entre Lons-Le-Saunier et Mouchard sur 49,87 kms. Six cents ouvriers y travaillent. Le conseil dâarrondissement de Besançon Ă©met le vĆu que le point de jonction de ce chemin de fer soit le plus rapprochĂ© de Besançon.
En 1861, le projet soumis comporte le raccordement Ă Franois.
En 1864 : Ouverture de la ligne Besançon-Arc et Senans et Lons-le-Saunier â Bourg-en- Bresse : 154km120.
La ligne entiĂšre de Bourg-en-Bresse Ă Besançon a Ă©tĂ© ouverte Ă lâexploitation le premier aoĂ»t 1865.
En 1866, lâaccident : Un grave accident survenu le 23 dĂ©cembre est relatĂ© par le Figaro dans lâĂ©dition du 26 dĂ©cembre. « Un Ă©pouvantable accident est arrivĂ© hier, vers six heures du soir sur le chemin de fer, entre la gare de Dannemarie et celle de Franois, Ă deux kilomĂštres de cette derniĂšre. Le train de voyageurs parti de Besançon Ă cinq heures et demie du soir, a rencontrĂ© en pleine voie un train de marchandises qui arrivait en sens inverse. Il en est rĂ©sultĂ© un choc effroyable, dans lequel plusieurs voyageurs ou employĂ©s ont Ă©tĂ© tuĂ©s sur le coup. »
Cet accident est attribuĂ© Ă l’inexplicable oubli du sous-chef de gare de Franois qui, bien que prĂ©venu de l’arrivĂ©e du train de marchandises qui devait croiser Ă sa gare le train de voyageurs, a fait partir ce dernier avant l’arrivĂ©e en gare du convoi de marchandises en retard de quelques minutes.Â
Le sous-chef de gare sera condamné à de la prison et à une amende et la compagnie déclarée civilement responsable.
Les travaux continuent, la deuxiÚme voie :
En 1869, le conseil GĂ©nĂ©ral Ă©met le vĆu que la compagnie de chemin de fer soit mise en demeure dâexĂ©cuter une seconde voie entre Dole et Belfort.
La pose de la deuxiÚme voie entre Dole et Franois a été achevée et livrée à la circulation le 14 février 1876.
 Les demandes du conseil municipal pour une gare de marchandises :
Lors du conseil du 8 aoĂ»t 1875, le maire a exposĂ© que la station de Franois Ă©tait la seule de lâembranchement de Dijon Ă Belfort qui ne soit pas ouverte au transport de marchandises. Lâessentiel de lâargumentaire dĂ©veloppĂ©, par ailleurs, nous donne des Ă©lĂ©ments sur lâactivitĂ© locale :
« Franois et les villages de Serre, Pouilley-les-Vignes et Chemaudin reprĂ©sentent prĂšs d’un cinquiĂšme de la population rĂ©unie des 44 communes reprĂ©sentant le canton dâAudeux ⊠»
« En raison du mouvement gĂ©nĂ©ral des transactions qui va toujours croissant, cet inconvĂ©nient sâaccentue chaque annĂ©e davantage, paralyse et tend Ă annihiler le dĂ©veloppement industriel du pays qui se livre Ă la fabrication de fromages, au commerce du bois, des vins, du bĂ©tail, des grains et des fourrages. »
« Quâil existe dans le voisinage les moulins dâAvanne, les tuileries et briqueries de Serre et Chemaudin, les gisements de plĂątre de Champvans, les carriĂšres de pierres de construction de Mr JOLY, toutes industries qui restent stationnaires et insuffisamment exploitĂ©es comme Ă©tant privĂ©es de dĂ©bouchĂ©s que leur procurerait la crĂ©ation dâune gare de marchandises Ă Franois ».
« La station de Franois est placĂ©e sur les parcours des chemins de grande communication N°43, de Jallerange Ă Besançon, Ă proximitĂ© du chemin dâintĂ©rĂȘt communal N° 29 de St Vit Ă Voray, Ă la bifurcation des lignes de chemin de fer de Lyon et Paris lui donnant un accĂšs facile dans les vignobles du Jura et de Bourgogne. La gare est entourĂ©e de terrains libres, la commune offrant gratuitement lâespace nĂ©cessaire. ».
La mĂȘme demande argumentĂ©e est rĂ©itĂ©rĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1880.
 Année 1886 :
Demande de crĂ©ation dâun quai dâembarquement Ă la gare de Franois pour la « Petite Vitesse » rĂ©servĂ©e aux trains de marchandises. Les arguments prĂ©cĂ©dents sont repris et dâautres sâajoutent, tels que :
« Serre les Sapins, Franois, Chemaudin ont des terrains particuliĂšrement favorables Ă la production de betteraves, que cette culture est trop restreinte faute dâĂ©coulement, que si la gare Ă©tait ouverte aux marchandises en Petite Vitesse, la betterave serait en grand cultivĂ©e pour lâusine de Roche lez BeauprĂ©, que les communes produisent pour le commerce une quantitĂ© considĂ©rable de fourrage, que Franois en vend au moins 4.000 quintaux dans les annĂ©es ordinaires, quâĂ Chateaufarine, situĂ© Ă 1 Km de la gare, rĂ©side un reprĂ©sentant de 90 maisons de commerce tant en France quâĂ lâĂ©tranger. »
 Août 1890 : extrait du conseil municipal :
« âŠLâĂ©tablissement des salines Ă Serre les Sapins, et Ă Pouilley- les- Vignes rend cette crĂ©ation de plus en plus urgente. En consĂ©quence le Conseil Municipal Ă©met le vĆu quâune halle de marchandises soit créée Ă FranoisâŠÂ »
 Janvier 1893 :
« La station de Franois est la seule qui, sur lâembranchement de Dijon Ă Belfort, ne soit pas ouverte Ă la petite vitesse, que le village de Franois et les villages voisins de Chemaudin, Serre les Sapins, Pouilley les Vignes, Pelousey, Champagney, Champvans, Vaux les PrĂ©s, Mazerolles, Villers-Buzon reprĂ©sentent plus du tiers de la population du canton dâAudeux.
 La construction, en 1893 du pont Ă bascule reliant Avanne Ă Aveney, ainsi que les villages de Busy, Vorges, Larnod, Pugey, Chenecey Ă proximitĂ© de la gare de Franois, que lâinconvĂ©nient qui rĂ©sulte de lâabsence dâune gare de marchandises, se fait sentir de plus en plus en raison du mouvement gĂ©nĂ©ral des transactions qui sâaccentue chaque annĂ©e.
Chateaufarine et Chemaudin comptent des nĂ©gociants importants pour le commerce des grains et du fourrage, que beaucoup dâindustries souffrent, faute de cet Ă©tablissement, telles que tuileries, moulins, gypseries, salines. Que les communes ont des terres propres Ă la culture de la betterave et de la pomme de terre pour distillerie, que ces cultures sont restreintes faute de moyens dâĂ©coulement. »
 Mars 1893, le Maire est priĂ© par le conseil municipal de faire la dĂ©marche dâaller trouver M. Le Ministre des Travaux publics pour lui expliquer lâurgence de la crĂ©ation de cette gare.
Juillet 1912Â :
En vue de la construction dâune gare Ă Petite Vitesse, la commune abandonne Ă la compagnie PLM lâemplacement du terrain, mais se rĂ©serve le bois existant.
Août 1912 :
ConformĂ©ment aux pourparlers engagĂ©s avec la compagnie PLM au sujet de lâĂ©tablissement dâune gare de marchandise, la compagnie exĂ©cutera aux frais de lâadministration de la guerre les terrassements utiles pour lâexĂ©cution de la gare, la commune cĂ©dant les terrains nĂ©cessaires, soit 86 ares 47 centiares, dans la forĂȘt communale, au lieu-dit « Au bois ».
Septembre 1912 :
La compagnie PLM fait part de son projet et des coûts engendrés par cette création, ainsi que les financements pris en charge par la commune. La gare de Franois établie au point kilométrique 398 km 889 de la ligne de Dijon à Belfort serait ouverte aux marchandises Petite Vitesse.
Année 1914 :
« Le conseil municipal est dâavis de maintenir son engagement primitif en vue de lâĂ©tablissement dâune gare Petite Vitesse Ă Franois, câest-Ă -dire de contracter un emprunt de 66.000 francs, remboursable sur 30 ans couverte par des subventions communales se montant Ă 250 francs, non compris celle de Serre les Sapins qui se calculera sur un accord entre les deux communes, en proportion de la population, des surtaxes locales, des revenus dâaffouage, des indemnitĂ©s de lâadministration militaire qui a fait des abattis dâarbres. »
 En 1915 le conseil municipal dĂ©cide dâattendre la fin des hostilitĂ©s pour reprendre les pourparlers relatifs Ă la gare. En 1920 le projet est acceptĂ©. Les conditions financiĂšres reprĂ©cisĂ©es et les surtaxes locales redĂ©finies.
Rapport du Conseil Général du Doubs 1923 :
Il souhaite que les travaux dâinstallation dâune gare de marchandises Ă Franois commencĂ©s avant la guerre soient repris et exĂ©cutĂ©s au plus tĂŽt.
En 1924, le projet est accepté par le conseil municipal.
Par sa dĂ©pĂȘche du 15 janvier 1924, le Ministre des travaux publics informe que la compagnie attend pour soumettre Ă son approbation le projet dâĂ©tablissement dâune gare de marchandises Ă Franois, dâĂȘtre en possession dâune dĂ©libĂ©ration du conseil municipal de cette commune acceptant les conditions qui lui ont Ă©tĂ© fixĂ©es.
Les Conseils Municipaux de Chemaudin, Pouilley les Vignes et Champagney lui ont adressé des délibérations portant vote de subventions annuelles à verser pendant 30 ans à la commune de Franois pour la construction de cette gare.
Avril 1927Â :
Les travaux relatifs Ă la crĂ©ation dâune gare Petite Vitesse sont adjugĂ©s. Une provision doit donc ĂȘtre versĂ©e Ă la compagnie. En novembre, il a fallu procĂ©der au_ cylindrage de la cour pour livrer la gare nouvellement construite.
Les incendies :
La circulation des locomotives Ă vapeur Ă travers la forĂȘt provoque des incendies Ă plusieurs reprises : en juillet 1898, en octobre 1919, en avril 1921 en novembre 1922.
La ligne de Besançon-Dole est électrifiée le 10 septembre 1970 et celle en direction de Bourg- en-Bresse le 5 septembre 1995.