Le patrimoine des fontaines de Franois reflète l’évolution des besoins en eau de la commune au fil des siècles. Ce document retrace les efforts déployés pour assurer l’approvisionnement en eau, tant pour les habitants que pour le bétail et pour lutter contre les incendies. Les fontaines, puits et réservoirs, ont joué un rôle crucial dans la vie quotidienne des habitants et leur histoire est marquée par des phases de construction, de réparation et d’adaptation aux besoins changeants.
Les Premières Fontaines et Réservoirs
Dès 1789, des fontaines existaient déjà à Franois, celle du bas du village et celle de la Félie. Sous l’autorité de CAUMARTIN de St ANGE, intendant de Franche-Comté, et selon les plans de l’architecte Louis BEUQUE, des travaux d’élévation de la charpente et des réservoirs furent entrepris. Ces premières infrastructures étaient essentielles pour répondre aux besoins croissants en eau de la population.
En septembre 1819
Quand les incendies marquent les esprits…
Le projet d’acheter une pompe à incendie pour la commune qui compte 120 feux (foyers) est motivé par un évènement particulier : dans la journée du 16 septembre 1819, le feu a réduit en cendres 19 maisons du village de Pouilley-les-Vignes et a causé la ruine entière de 26 ménages. Cette acquisition sera portée à connaissance de « toutes les communes du département pour engager celles qui ont le moyen de faire de même, ce qui permettra de secourir celles qui ne sont pas dans la possibilité de subvenir à une pareille dépense. » L’achat se réalise aux dépens d’autres travaux prévus…
Dès 1841 une compagnie de sapeurs-pompiers a été organisée dans la commune.
Évolutions et Réparations au XIXe Siècle
Au cours du XIXe siècle, les fontaines et réservoirs de Franois ont subi de nombreuses réparations et améliorations. En 1841, sous la directive de l’architecte PHILIBERT, des réparations importantes furent effectuées sur les deux fontaines. La pierre de mauvaise qualité utilisée précédemment s’est désagrégée, si bien que le lavage du linge était devenu impossible et l’eau ne restait plus à l’intérieur. Pour la pierre de taille neuve, c’est celle de la Malcombe qui a été choisie. La fontaine du village était couverte en zinc.
En 1852, la fontaine de Franois était tellement détériorée que l’eau ne parvenait plus jusqu’au bassin, nécessitant des réparations urgentes. Celle de la Félie avait également besoin de travaux. En 1855, on observe que les eaux des deux fontaines se perdent. Par temps de sècheresse, l’eau des puits et même celle de la fontaine ont peine à subvenir aux besoins du bétail et en cas d’incendie, le village se trouverait privé d’eau. Pour parer à cet inconvénient, il faut faire vider et paver la mare près du cimetière…
Les années suivantes furent marquées par des efforts continus pour maintenir et améliorer les infrastructures d’eau, y compris la construction de citernes et de puits dans les hameaux.
Les Défis de l’Approvisionnement en Eau
L’approvisionnement en eau posait des défis constants, notamment en période de sécheresse. En 1855, il fut nécessaire de faire des fouilles pour réunir les eaux des sources de la fontaine de Franois et de la Félie. En 1857, un puits abondant fut creusé dans le hameau de la Route (ancienne appellation de la Belle Etoile) et une pompe y fut installée pour remplacer les seaux et chaînes.
Les années 1860 furent marquées par des projets de construction de puits et de réservoirs, notamment dans le hameau de la Belle Etoile. En 1869, un réservoir d’eau fut construit devant la maison commune avec des plans dressés par l’architecte Baille. Ce réservoir permettait de recueillir les eaux d’un puits existant à cet endroit, ainsi que des toits de la maison commune et des bâtiments voisins, assurant ainsi une réserve d’eau en cas de sécheresse et d’incendie. Ces aménagements conduisent à l’abandon de la marre. L’eau était puisée au moyen d’une pompe et un abreuvoir était placé à proximité.
A partir de 1871, pour renforcer la source du village, des fouilles sont entreprises et se heurtent à des difficultés dues à la nature du terrain rocheux. Il est même envisagé d’abandonner l’ouvrage pour construire une nouvelle fontaine, mais la population préfère la réparation. Les travaux de recherche se poursuivront au cours des années et aboutiront environ 10 ans plus tard.
En 1878, un incendie à l’ancienne maison commune adossée au presbytère mobilisa beaucoup de monde, y compris des soldats et des sapeurs-pompiers. Cet événement souligna l’importance de disposer de matériel de lutte contre les incendies en bon état de fonctionnement.
En 1885, plans et devis sont dressés pour la reconstruction du lavoir
En 1894, le conseil municipal décide de faire construire un réservoir à la Félie (120 m3 environ). Le sol calcaire exclut tout système de puits….
En 1896, au hameau de la Belle Etoile, pour répondre aux légitimes réclamations des habitants, le conseil municipal décide de la construction de 3 citernes desservant chacune un groupe de maisons qui composent le hameau. En effet, il n’existait que quelques puits ou citernes de faible contenance qui étaient vite insuffisants en cas de sécheresse. Le descriptif a été dressé par l’architecte BOUTTERIN.
Par la suite, des entretiens ponctuels sont effectués, selon la dégradation des ouvrages due à l’usure du temps.
Les Projets du XXe Siècle
Au XXe siècle, les efforts pour améliorer l’approvisionnement en eau se poursuivirent.
En 1921, des recherches furent entreprises pour trouver une source à proximité du village.
En 1932, l’alimentation en eau potable de la commune fut jugée insuffisante et un projet d’alimentation en eau fut confié à l’ingénieur hydrologue Pajot.
En 1937, un château d’eau fut construit par l’entreprise SAINTOT. Ce fut une étape importante dans l’amélioration de l’approvisionnement en eau. Les années suivantes furent marquées par des travaux de réparation et d’amélioration des infrastructures d’eau, y compris la construction de réservoirs et l’acquisition de motopompes.
Le règlement municipal de la distribution d’eau est adopté en 1937.
En 1950, le lavoir de Douillon au village est en complet état de vétusté…
En 1952, des travaux de recherches sont entrepris au lieu-dit « Douillon » pour améliorer le cubage d’eau à mettre à disposition des habitants.
En 1965, la commune adhère au syndicat du Val de l’Ognon.
En 1984, le lavoir est nettoyé par la classe de Madame FROIDEVAUX.
En 1999, il est procédé à la réfection de la Fontaine du village et la décision est prise de démonter le château d’eau.
Le lavoir de la Félie a été rénové en 2003
Conclusion :
Le patrimoine des fontaines de Franois témoigne des efforts continus de la commune pour assurer l’approvisionnement en eau de ses habitants. Des premières fontaines du XVIIIe siècle aux infrastructures modernes du XXe siècle, chaque étape de cette histoire reflète les défis et les innovations nécessaires pour répondre aux besoins en eau d’une population en croissance.
Source : Archives municipales.