Action du maquis le 8 septembre 1944
Le groupe « Ognon-Doubs » était un maquis, composante de la résistance active pendant la Seconde Guerre mondiale, principalement à partir d’août 1944. Situé dans notre région, ce groupe a joué un rôle crucial dans la lutte contre l’occupation allemande.
En 1943, les Français âgés de 20 à 45 ans étaient soit sous les armes, soit envoyés en Allemagne dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO), soit cachés pour échapper à ce service. Début août 1944, le maquis « Ognon-Doubs » a été structuré clandestinement au sein des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) et placé sous le commandement du Capitaine Henri RODIER. Celui-ci fut rapidement arrêté par la Gestapo et déporté en Allemagne d’où il réussit à s’évader quelques mois plus tard.
Des jeunes des villages de Vaux-les-Prés et de Mazerolles-le-Salin avaient caché de la nourriture dans les grottes de Vaux, ce qui fut très utile pour les maquisards.
Mi-août 1944, des renforts ont rejoint le maquis qui comptait alors près de 200 hommes. Le groupe était composé de plusieurs sections réparties dans les zones boisées entre l’Ognon et le Doubs avec un poste de commandement installé à Mazerolles-le-Salin : sections VUILLECARD, POURCELOT, MOUREY, GAUTHEROT, DETOT.
Le groupe MARCEL, dénommé aussi maquis de Franois, très mobile, était caché dans les bois entre Chemaudin, Franois et Serre-les-Sapins. Il n’était pas subordonné à celui « d’Ognon-Doubs » même s’il collaborait avec lui. Sous le commandement du Lieutenant VAUTHIER, cette section composée d’habitants de Franois et des villages voisins a effectué de nombreux sabotages sur les voies ferrées, les lignes téléphoniques et les convois routiers et ferroviaires.
À partir de la fin août 1944, les actions du maquis se sont intensifiées : embuscades sur des convois allemands, saisies d’armes et de munitions, récupération de matériels parachutés et jonction avec des éléments blindés américains. Les Allemands en déroute quittaient Besançon pour fuir vers le Nord, laissant la place à l’armée américaine.
Cependant les derniers éléments ennemis étaient encore très combatifs. Le 8 septembre 1944, la section POURCELOT a été violemment attaquée au-dessus du lieu-dit « Champsol » par une unité allemande en repli. Après un combat désespéré, cette section a été décimée avec trois maquisards tués sur place : Robert BORDY (42 ans), Paul PERRUCHE (23 ans) et Raymond VIGUIER (37 ans). Plusieurs hommes ont été grièvement blessés et onze autres faits prisonniers.
Le lendemain 9 septembre, lors de son transfert à l’hôpital de Lons-le-Saunier, Marcel PERRUCHE (21 ans) l’un des blessés est tué dans une ambulance américaine mitraillée par les Allemands.
Parmi les prisonniers, deux réussiront à s’évader. Les neuf autres sont envoyés dans le stalag VII- A en Bavière (Allemagne) et seront de retour en mai 1945.
Le sens de la discipline, le sacrifice, la volonté de vaincre, l’esprit de solidarité nationale et l’idéal patriotique des maquisards du groupe « Ognon-Doubs » restent un héritage précieux pour les générations futures.