Dans la premiĂšre moitiĂ© du XIXĂšme siĂšcle, la commune de Franois sâest dotĂ©e dâun patrimoine immobilier religieux important. La premiĂšre construction nouvelle fut lâĂ©glise.
Nous avons tentĂ© dâen identifier les diffĂ©rentes Ă©tapes dâĂ©dification Ă partir de recherches dans les archives municipales (pĂ©riode de 1800 Ă 2000).
Contexte et organisation religieuse au début du siÚcle
Pour mettre un terme à une période postrévolutionnaire particuliÚrement agitée au niveau religieux, Bonaparte et le pape Pie VII ont signé le 15 juillet 1801 le Concordat. Les grandes lignes de cet accord adopté le 8 avril 1802 par le Corps législatif de la République portent sur la liberté de culte de la religion catholique, religion de la majorité des Français à cette époque.
Dans la premiĂšre moitiĂ© du XIXĂšme siĂšcle, la commune de Franois sâest dotĂ©e dâun patrimoine immobilier religieux important.
La premiĂšre construction nouvelle fut lâĂ©glise.
Nous avons tentĂ© dâen identifier les diffĂ©rentes Ă©tapes dâĂ©dification Ă partir de recherches dans les archives municipales (pĂ©riode de 1800 Ă 2000).
Contexte et organisation religieuse au début du siÚcle
Pour mettre un terme à une période postrévolu-tionnaire particuliÚrement agitée au niveau religieux, Bonaparte et le pape Pie VII ont signé le 15 juillet 1801 le Concordat. Les grandes lignes de cet accord adopté le 8 avril 1802 par le Corps législatif de la République portent sur la liberté de culte de la religion catholique, religion de la majorité des Français à cette époque.
AprĂšs 1801, les cures et succursales rĂ©tablies appartiennent aux communes. La paroisse constitue l’unitĂ© territoriale de base au sein de laquelle s’exerce le ministĂšre du prĂȘtre. Elle peut ĂȘtre soit cure, soit succursale. La cure, gĂ©nĂ©ralement situĂ©e au chef-lieu de canton, en lâoccurrence Pouilley-les- Vignes, est desservie par un curĂ© pouvant ĂȘtre assistĂ© de vicaires. La succursale, englobant plusieurs communes rurales, un ou plusieurs quartiers des villes, est attribuĂ©e Ă un desservant.
Câest en 1800 que le canton dâAudeux a Ă©tĂ© choisi comme chef-lieu.
Conseil de Fabrique :  sous lâancien rĂ©gime, lâexpression « Fabrique des Ă©glises » signifiait Ă lâorigine la construction mĂȘme des Ă©glises, puis ce terme a couvert lâensemble des travaux de construction, rĂ©parations et les dĂ©penses Ă engager pour lâembellissement et lâachat des objets de culte.
SupprimĂ©es Ă la RĂ©volution, les Fabriques furent rĂ©tablies en 1802 par le Concordat. Câest un Ă©tablissement public pouvant recevoir des revenus et des biens qui administre la paroisse. LâĂ©tablissement est chargĂ© de l’entretien et de la conservation des Ă©difices.
Comme le curĂ©, le maire est membre de droit du Conseil de fabrique. Le budget est soumis Ă lâapprobation de la mairie. La commune a obligation lĂ©gale de supplĂ©er aux charges que la Fabrique ne peut assurer.
En 1863, Ă Franois, le premier budget de la Fabrique est soumis au Conseil Municipal. Suite Ă de prĂ©sumĂ©es omissions de recettes, le Conseil refuse dâaccĂ©der Ă la demande de subvention en complĂ©ment des sommes allouĂ©es annuellement Ă la Fabrique.
La rigueur et la sincĂ©ritĂ© du budget de la Fabrique sont mises en cause pendant les annĂ©es qui suivent, le Conseil de fabrique ne donnant pas toutes les prĂ©cisions sur ses revenus propres (recettes créées par les offertes lors des obsĂšques ou dons divers, etc.) Cette situation conduit Ă ne pas accorder de subventions exceptionnelles au-delĂ de la dotation annuelle.Â
Mais progressivement, le budget sera présenté en bonne et due forme et accepté par les élus.
La loi de sĂ©paration des Ăglises et de lâĂtat votĂ©e en 1905 met un terme officiel Ă lâexistence des Fabriques.
Le culte catholique Ă Franois.
« En avril 1803, les Conseils Municipaux de Serre et de Franois sont rĂ©unis ensemble dans la maison communale de Serre, chef-lieu de la succursale, pour obĂ©ir Ă la lettre du gouvernement du 7 ventĂŽse dernier (26 fĂ©vrier 1803) et Ă lâarrĂȘtĂ© du prĂ©fet du 9 germinal (30 mars 1803) au sujet de dĂ©libĂ©rer sur le culte catholique. »
Le Maire de Serre a prĂ©sentĂ© aux Conseils rĂ©unis quâil y avait une Ă©glise dans la commune de Serre « qui nâa point Ă©tĂ© vendue, ni aliĂ©nĂ©e et qui est propre Ă exercer le culte catholique ».
Les Conseils Municipaux ont dĂ©libĂ©rĂ© que les cultes catholiques sâexerceront dans lâĂ©glise de Serre.
Elle était desservie par le curé de Pouilley-les-Vignes qui assurait le service paroissial.
Le Conseil Municipal prĂ©cise quâil nây a pas de fonds pour lâagrandissement de lâĂ©glise qui se trouve trop petite pour la population des deux communes, environ 900 personnes. AprĂšs mesurage, sa superficie intĂ©rieure Ă©tait de 275 mÂČ 12 cmÂČ. Elle pouvait contenir environ 400 personnes.
Ce constat indique la forte frĂ©quentation religieuse de lâĂ©poque et prĂ©sage la construction dâun autre Ă©difice cultuel.
En effet, en 1806, de concert avec le prĂ©fet, lâĂ©vĂȘque, par dĂ©cret, a permis aux habitants de Franois de construire Ă leurs frais une chapelle pour y ĂȘtre desservie par un vicaire ou un chapelain, Ă charge de lui fournir un traitement de maniĂšre convenable.
Elle a Ă©tĂ© construite en haut du village, au niveau de lâactuel n° 2 Grande Rue, pour servir de supplĂ©ment Ă celle de Serre. A cĂŽtĂ©, il existait une maison communale situĂ©e Ă 3 mĂštres de la chapelle, nommĂ©e « le chĂąteau », dans laquelle rĂ©sidait un prĂȘtre. En effet, elle a Ă©tĂ© occupĂ©e par les curĂ©s de Serre jusquâen lâan 11 (1804).
Le mesurage de la chapelle de Franois donnait une superficie de 132 mÂČ Ă savoir, pour le chĆur : 3,50 m de longueur sur 8 m de largeur soit 28 mÂČ ; la nef mesurait 13 m de longueur et 8 m de largeur. Elle Ă©tait pourvue de tous les meubles nĂ©cessaires Ă lâexercice du culte, ainsi que des ornements convenables.
- PICQUARD, jeune ecclésiastique, a été désigné vicaire desservant.
Franois nâest pas pour autant dĂ©gagĂ© de ses obligations de concourir aux dĂ©penses du culte et du pasteur de Serre. En 1819, faute dâun nombre suffisant de prĂȘtres, il nây a plus de desservant Ă Franois. Les offices sont cĂ©lĂ©brĂ©s Ă Serre et parfois le curĂ© se dĂ©place Ă Franois. En 1825, le prĂ©fet ordonne que Franois paie la moitiĂ© des dĂ©penses liĂ©es Ă lâachat de livres de chants et dâun ciboire.
En 1808, Ă Franois, on compte 76 feux et mĂ©nages, celui de la « Flie », 18 feux et mĂ©nages et 18 maisons construites sur la route de Dole dont la plus grande partie est constituĂ©e dâauberges pour les voyageurs, ce qui fait au total 506 individus.
Le village de Serre contient 76 feux et ménages, ce qui donne une population de 361 individus.
Le 25 avril 1819 parait une ordonnance du roi Louis XVIII qui accorde aux communes une augmentation de 600 succursales Ă Ă©riger dans son royaume. Celle de Franois Ă©tait dans le cas de profiter de la bienveillance de Sa MajestĂ©. En consĂ©quence, le Conseil Ă©tablit une demande pour Ă©riger lâĂ©glise en succursale. Cette situation trouvera son aboutissement en mai 1829 par ordonnance du roi.
La construction de lâĂ©glise.
A la suite de la dĂ©libĂ©ration du 4 dĂ©cembre 1824, par laquelle le Conseil Municipal de Franois demande lâautorisation de couper deux portions du quart de rĂ©serve des bois appartenant Ă la commune « pour employer les produits Ă faire construire une nouvelle Ă©glise », lâadministration royale donne ses prescriptions pour lâexploitation, la vente et lâadjudication des coupes de 11 hectares environ faisant partie des plus ĂągĂ©es du quart en rĂ©serve des bois de la commune de Franois.
Note sur les bois de rĂ©serve appelĂ©s quarts en rĂ©serve : ÂŒ de la superficie devait ĂȘtre laissĂ© au repos, sans rien prĂ©lever. Le but Ă©tait de produire de la futaie et de parer aux dĂ©penses imprĂ©vues, mais Ă condition que lâexploitation soit soumise Ă autorisation exceptionnelle.
A la demande rĂ©itĂ©rĂ©e des habitants que lâon procure Ă la commune une Ă©glise assez spacieuse pour contenir le nombre des paroissiens, le Conseil a reconnu :
« Que, si dans un temps, lâĂ©glise Ă©tait assez spacieuse, sa capacitĂ© nâest plus dans la proportion de la population qui sâest accrue considĂ©rablement et dont le nombre est au moins le double de ce quâelle Ă©tait il y a 40 Ă 45 ans,
Que lâĂ©difice situĂ© Ă une extrĂ©mitĂ© du village nâest point Ă la proximitĂ© des habitants, que le sol sur lequel il est placĂ© est une terre marneuse contraire Ă la salubritĂ© et dâune marne Ă occasionner des maladies,
Que le cimetiĂšre qui lâavoisine et oĂč les corps ne se consument que difficilement ne convient pas aux inhumations, sans parler de la superficie insuffisante que la commune possĂšde au centre du village, un terrain assez spacieux pour y placer avantageusement une Ă©glise et un cimetiĂšre, tels que le demandent les habitants,Â
Que, en ce qui concerne les ressources nĂ©cessaires, la commune peut disposer de deux cantons de ses bois de rĂ©serve ; lâun sâappelle « jeune canton » de la contenance de 8 hectares, lâautre canton sous le nom de Caron en contenance de 31 hectares. Le rapport serait de lâordre de 45 000 francs. »
Le Maire est autorisĂ© Ă demander auprĂšs des autoritĂ©s compĂ©tentes la vente des bois. Il sollicite donc lâaccord du prĂ©fet ainsi que son autorisation pour la nomination dâun architecte.
En fĂ©vrier 1826 : AprĂšs accord du prĂ©fet qui spĂ©cifie que Sa MajestĂ© avait autorisĂ© la vente du quart de rĂ©serve de la commune Ă lâeffet de construire une Ă©glise, il Ă©tait recherchĂ© un emplacement convenable. Lâarchitecte MARNOTTE (par ailleurs architecte de la ville de Besançon, de 1823 Ă 1836) a Ă©tĂ© invitĂ© Ă venir sur les lieux.
« Le choix de lâemplacement de lâĂ©difice est guidĂ© par la commoditĂ© de lâemplacement au centre du village. Si lâon construisait Ă lâextrĂ©mitĂ© supĂ©rieure du village oĂč est la petite chapelle, la place serait trop petite, trop marĂ©cageuse et mal exposĂ©e. Les habitants de la levĂ©e de Dole, de la Flie, du bas du village seraient trop Ă©loignĂ©s. La maison adjacente Ă la chapelle est humide et dĂ©gradĂ©e, mal exposĂ©e et peu convenable pour un presbytĂšre ; si lâon construisait en bas du village, il faudrait acheter des vignes de plusieurs particuliers dont la plupart ne voudraient pas vendre, quâil faudrait bĂątir un presbytĂšre et que les habitants de lâautre extrĂ©mitĂ© du village seraient trop Ă©loignĂ©s. Le centre du village est le seul emplacement. M. de BETANCOURT dĂ©sirant faire un sacrifice gĂ©nĂ©reux en faveur des habitants de Franois offrait dâĂ©changer sa maison, aisances et dĂ©pendances, contre celle de la commune qui servait de presbytĂšre moyennant un retour qui parait fort raisonnable.
Que lĂ on trouverait pour servir de presbytĂšre une maison bien construite, bien situĂ©e, assez vaste et en bon Ă©tat, un terrain contigu et aboutissant sur la voie publique propre Ă construire une Ă©glise, que câĂ©tait le vĆu de la presque totalitĂ© des habitants et lâavis de M. lâarchitecte. ».
Câest en 1826, que lâarchevĂȘque Paul AMBROISE, frĂšre de VILLEFRANĂON, permet la construction de lâĂ©glise projetĂ©e, et prĂ©cise « que jamais la prĂ©sente permission puisse bien prĂ©juger en faveur de la demande qui pourrait ĂȘtre faite dans la suite pour la commune de Franois dâĂȘtre dĂ©membrĂ©e de la paroisse de Serre et de former une Ă©glise succursale ou vicariale indĂ©pendante de ladite paroisse ».
Cette situation trouvera son aboutissement en juillet 1829. En effet, sur ordonnance du roi Charles X par la grĂące de Dieu, roi de France et de Navarre, « la commune de Franois est distraite du territoire de la succursale de Serre, canton dâAudeux, dĂ©partement du Doubs, diocĂšse de Besançon et est Ă©rigĂ©e en succursale. »
« DonnĂ©e en notre chĂąteau de Saint-Cloud le dix-neuviĂšme jour du mois de juillet de lâAn de grĂące mil huit cent vingt-neuf et de notre rĂšgne le cinquiĂšme ».
LâannĂ©e suivante, la croix en pierre qui se trouve directement devant lâemplacement de la nouvelle Ă©glise est dĂ©placĂ©e au cimetiĂšre.
Le devis dâĂ©dification de lâĂ©glise sâĂ©levait Ă 78 000 francs.
La vente des quarts de rĂ©serve prĂ©vue laisserait encore une disponibilitĂ© de 23 648 francs, aprĂšs les frais dâĂ©change avec M. de BETONCOURT sâĂ©levant Ă 12 300 francs.
« La commune avait les ressources plus que satisfaisantes pour la construction dâune Ă©glise que ses ressources ne pouvaient avoir un emploi plus louable et plus dĂ©sirĂ© par tous les habitants de la commune , que les vieillards dĂ©siraient encore vivre quelques temps pour voir cet Ă©difice terminĂ© afin dâĂȘtre assurĂ©s de recevoir les secours de la religion dans les derniers instants et ĂȘtre assurĂ©s quâen expirant, les nouveaux arrivants seront formĂ©s Ă la vertu et marcheront sur ses traces, que tout autre emploi nâaboutirait quâĂ rendre la commune riche, dâĂȘtre riche, comparable Ă lâavare qui pĂ©rit de misĂšre Ă cĂŽtĂ© de son argent. »
La commune dĂ©libĂšre et accepte donc « les plans dressĂ©s par M. MARNOTTE pour la construction dâune Ă©glise Ă Franois ayant Ă©tĂ© reconnue conforme aux vĆux des habitants de la commune et adoptĂ©e dans tout son entier les devis subordonnĂ©s aux prix rĂ©sultants des appels dâoffres ».
Devis instructif par M. MARNOTTE
« LâĂ©glise sera Ă©difiĂ©e au centre du village, sur un terrain appartenant Ă la commune. Elle sera voisine du presbytĂšre. Sa façade donnera sur la rue principale et sera prĂ©cĂ©dĂ©e dâune place implantĂ©e dâarbres.
Sa façade sera dĂ©corĂ©e dâun pĂ©ristyle dâordre dorique et le porche prĂ©cĂ©dera trois nefs ornĂ©es de colonnes ioniques. Le clocher recevra dans son soubassement le cadran de lâhorloge et la partie supĂ©rieure se terminera par une lanterne surmontĂ©e dâun dĂŽme, chose Ă laquelle la commune tient essentiellement. Le sondage du terrain fait apparaĂźtre au premier mĂštre une terre ordinaire facile Ă enlever, le second et le troisiĂšme donne une terre rouge extrĂȘmement dure et solide oĂč la pioche entre difficilement et en dessous se trouve un banc de glaise dont la profondeur est inconnue et dans laquelle on ne tarde pas Ă trouver de lâeau.
Le meilleur mode Ă suivre pour les fondations de lâĂ©difice Ă©tait de lâĂ©tablir Ă 1,50 m de profondeur moyenne sur de longues et larges pierres de taille Ă lâinstar des conditions antiques, lesdites pierres placĂ©es les unes contre les autres fixĂ©es solidement sur le terrain.
Toute la pierre qui sera employĂ©e, tant en fondations quâhors des terres, sera tirĂ©e dâune carriĂšre qui sera ouverte Ă cet effet au lieudit « Le Grand Noyer », territoire de la commune oĂč lâarchitecte a fait faire des recherches. »
« Le sable nécessaire sera tiré du lieu appelé Saint-Joseph. »
En prĂ©paration du terrain, « il fallait rendre libre la place Ă construction : sur lâemplacement, il existait deux petites baraques tombant en vĂ©tustĂ© et une Ă©curie appartenant Ă la commune dont les matĂ©riaux ne pouvaient servir Ă la nouvelle bĂątisse. Le produit pourrait ĂȘtre employĂ© Ă la construction du mur qui doit sĂ©parer lâĂ©glise du jardin de la cure et au nivellement du pourtour de lâĂ©glise âŠÂ »
En juin 1828, des fouilles sont entreprises dans plusieurs endroits du territoire pour trouver une carriĂšre avantageuse pour la construction de lâĂ©glise : « aprĂšs renseignements pris par les anciens, vieillards de la commune qui assurent que dans la coupe ordinaire de 1828 oĂč il existe une roche considĂ©rable, ils ont vu enlever toutes les pierres du chĂąteau de Franois et oĂč lâon pourrait encore en trouver pour tout lâĂ©difice. »
La commune demande donc au prĂ©fet dâouvrir la carriĂšre Ă cet endroit, sur 10 ares ; elle se trouve Ă proximitĂ© dâun chemin qui sert de vidange de coupes et ne comporte que des arbres de faible valeur.
« La carriĂšre produisait de gros matĂ©riaux en abondance et ne fournissait presque pas de douettes, (pierres de parement). Les moellons ne conviendraient pas pour une hauteur de 40 pieds, il fallait faire du solide, donc rĂ©aliser la façade en taille, les secousses de la cloche pourraient Ă©branler lâĂ©difice ». Les pierres de taille seront extraites des carriĂšres de Chailluz. »
Choisies au sein du Conseil Municipal, quatre personnes sont nommĂ©es pour faire les marchĂ©s autorisĂ©s par rĂ©gie (il ne sâest pas prĂ©sentĂ© dâentrepreneur aprĂšs trois affichages successifs), en ce qui concerne les tailles de pierre, lâextraction, les fondations et la maçonnerie pour le corps de lâĂ©glise. Le Conseil Municipal a nommé : Joseph PAGUET, Philippe CORNE, Claude CORNE et François MAURIVARD. Ce dernier est dĂ©signĂ© par le prĂ©fet pour quittancer les mandats et mĂ©moires (mai 1828). Le marchĂ© et les conditions sont fixĂ©s avec les Sieurs BELGY, Antoine BELOT et AUET, pour lâexĂ©cution de toute la maçonnerie en ce qui concerne la main-dâĆuvre et le mĂ©trĂ© des travaux.
Les bois, plateaux, cordages nĂ©cessaires pour les Ă©chafaudages seront fournis par la commune ainsi que les pieds de chĂšvre et autres matĂ©riaux, pierre Ă pied dâĆuvre.
Les maçons ne fourniront dâautres outils que leurs marteaux, truelles et rabots.
Le choix de lâappareilleur, M. GULFE de Voray est effectuĂ©.
Note : L’appareilleur est le principal ouvrier chargĂ© de l’appareil des pierres d’un bĂątiment. C’est lui qui trace les Ă©pures par panneaux ou par Ă©quarrissement, qui prĂ©side Ă la pose au raccordement, etc.
Un appareil (ou opus en archéologie) est la façon dont les moellons, les pierres de taille, les dalles, les pavés ou les briques sont assemblés dans la maçonnerie.)
En octobre 1828, une ordonnance du roi est prise pour la construction dâun four Ă chaux temporaire sur un terrain situĂ© Ă 220 m dâune forĂȘt qui appartient Ă la commune. Ce four destinĂ© Ă fournir le produit Ă employer pour la construction de lâĂ©glise ne tiendra activitĂ© que pendant la durĂ©e des travaux et sera dĂ©moli ensuite.
En décembre, un état des finances de la commune est dressé concernant les travaux en cours et ceux projetés :
– construction de lâĂ©glise : 78 000 francs
– mur de clĂŽture au cimetiĂšre : 2 300 francs


Les prévisions budgétaires en 1829.
Montant des dĂ©penses Ă faire dans lâintĂ©rieur de lâĂ©glise pour 1830 : confection dâun maĂźtre-autel et de deux petits, dâune chaire Ă prĂȘcher, dâun confessionnal, dâun appui de communion, de fonts baptismaux, de chandeliers, dâune statue de la Vierge et son piĂ©destal, au total 10 600 francs et 6 000 francs pour une cloche, dĂ©pense couverte par la vente de bois.
Les dessins concernant les ouvrages Ă exĂ©cuter pour construction dâautels, des candĂ©labres dont le sieur GLESINGER sâest chargĂ© sont acceptĂ©s, sauf celui de la chaire qui doit subir des modifications. (A noter que GLESINGER a ĆuvrĂ© dans les chapelles de lâĂ©glise Sainte-Madeleine à Besançon en 1831).
En 1831, une somme de 500 francs est provisionnĂ©e pour les formes du chĆur de lâĂ©glise, mais les entrepreneurs potentiels estiment que la somme allouĂ©e est insuffisante. Un complĂ©ment sera votĂ© ultĂ©rieurement ainsi que 400 francs pour deux tableaux Ă savoir un Saint-Isidore (patron des laboureurs) et la Sainte Famille de Saint Joseph et de la Sainte Vierge.
En juillet 1832, des indemnitĂ©s sont fixĂ©es pour les diffĂ©rents propriĂ©taires des terrains sur lesquels la pierre a Ă©tĂ© excavĂ©e et remis en Ă©tat « propres Ă la vĂ©gĂ©tation ». La somme totale sâĂ©lĂšve Ă 410 francs.
En 1833, les Ă©quipements se poursuivent par une provision de sommes pour acquĂ©rir la premiĂšre horloge 1 800 francs, des bancs 1 500 francs, une armoire Ă la sacristie 500 francs, lâamĂ©nagement de la place devant lâĂ©glise avec une implantation dâarbres et la clĂŽture de lâĂ©glise, le mur Ă©tant de toute nĂ©cessité : en effet, le bĂ©tail et les voitures vont jusquâĂ lâentrĂ©e de lâĂ©glise et peuvent endommager les murs.
En novembre 1834, lâarchitecte MARNOTTE Ă©tablit un nouveau plan pour la confection de bancs plus longs qui, Ă lâorigine, sâavĂ©raient insuffisants pour contenir la population. Le travail devra ĂȘtre exĂ©cutĂ© dans les 3 mois aprĂšs adjudication. Le plancher sera en bois de chĂȘne de 4 cm, bancs en chĂȘne de 6 cm, accoudoirs sculptĂ©s aux deux extrĂ©mitĂ©s, les boiseries en bois de chĂȘne, ornements en bois de tilleul. Confessionnal en bois de chĂȘne, conforme Ă celui dĂ©jĂ existant Ă droite de lâentrĂ©e.
En mars 1835, lâadjudication des bancs se pratique au rabais et Ă lâextinction des feux. M. MARENNE a fait une proposition Ă 4 480 francs.
« Un 3Ăšme et dernier feu allumĂ© sâest Ă©teint sans que pendant sa durĂ©e il ait Ă©tĂ© fait aucun autre rabais, lâadjudication a Ă©tĂ© donnĂ©e au Sieur MARENNE, menuisier Ă Saint-Ferjeux. »
1839 : dĂ©gradations de lâĂ©glise dues Ă des problĂšmes dâĂ©tanchĂ©itĂ©.
« Si lâon nâavisait pas au plus tĂŽt aux moyens dâarrĂȘter les dĂ©gradations toujours croissantes de lâĂ©glise, elles entraineraient nĂ©cessairement la ruine de ce monument religieux pour lequel il a Ă©tĂ© fait de grands sacrifices, que Monsieur le PrĂ©fet, par sa lettre du 17 aoĂ»t dernier en suite du rapport de lâautoritĂ© ecclĂ©siastique, invitait le Conseil Municipal Ă prendre de suite des mesures nĂ©cessaires pour cet objet, mais que la situation financiĂšre de la commune nâavait pas permis de sâen occuper, quâil Ă©valuait cette dĂ©pense Ă 10 000 francs ».
En aoĂ»t 1840, M. PHILIBERT, architecte, est nommĂ© pour sâoccuper des rĂ©parations Ă lâĂ©glise et Ă Â la fontaine.
En 1841, M. LANTERNIER demande un supplément de 300 francs pour augmentation de la charpente du clocher, ce qui lui est accordé.
PremiĂšres rĂ©parations et agrandissement de lâĂ©glise :
Il est notĂ© la participation bĂ©nĂ©vole dâune Ă©quipe formĂ©e des habitants Ă ces travaux dans le but de faire en baisser le coĂ»t pris en charge par la commune.
NOUVELLES ACQUISITIONS
En 1845, Ă la suite du vol de beaucoup de vases prĂ©cieux dans les Ă©glises du voisinage, un coffre-fort est commandĂ© qui sera placĂ© dans lâĂ©glise et dans lequel les vases sacrĂ©s seront en sĂ»retĂ© contre les effets du vol et exempts de toute profanation.
Mai 1850 : lâassurance du mobilier de lâĂ©glise et de la sacristie (15 000 francs) est souscrite auprĂšs de la compagnie « la Paternelle » Ă compter du 4 juillet et pour 10 ans.
En 1853 : les chĂȘnes qui se trouvaient sur le tracĂ© de la ligne de chemin de fer ont Ă©tĂ© coupĂ©s puis Ă©quarris pour ĂȘtre employĂ©s Ă la confection dâun beffroi et Ă diverses rĂ©parations des bĂątiments communaux.
Le bois du beffroi a été scié par M. GENESTIER, scieur de long, demeurant à Serre-les-Sapins qui a été rétribué pour 5 journées.
Claude François MARLET, charpentier, en a réalisé la confection.
Agrandissement de lâĂ©glise.
FĂ©vrier 1856 : « Depuis longtemps les eaux pluviales, par un vice de construction, sâintroduisent dans le sanctuaire de lâĂ©glise, y causent de grands dĂ©gĂąts, que de plus, lâautel qui nâavait aucune proportion voulue par le canon exige aussi lâagrandissement dudit sanctuaire pour la dĂ©cence et la dignitĂ© du culte , ajoutĂ© quâune rĂ©paration partielle comme on lâavait faite il y a quelques annĂ©es Ă©tait insuffisante et trĂšs onĂ©reuse Ă la commune, quâil fallait dans lâintĂ©rĂȘt de ladite commune reconstruire le chĆur dans les meilleures conditions afin de prĂ©venir les dĂ©penses inutiles et sans objet.»Â
Le Conseil Municipal, aprĂšs avoir fait dresser plans et Ă©valuation prĂ©cis par M. Victor BAILLE, architecte Ă Besançon, lesquels se montent Ă la somme de 18 884 francs, vote la somme de 19 000 francs sur les fonds disponibles de la commune pour la reconstruction et lâagrandissement du sanctuaire de lâĂ©glise ».
En avril : au plan primitif de M. BAILLE, le sanctuaire est un peu trop étroit soit pour y allouer un autel, soit pour les cérémonies du culte. Il y est ajouté 35 cm de chaque cÎté.
En aoĂ»t : vu le changement opĂ©rĂ© par M. BAILLE, vu que la commune a fait faire dans le transept du premier plan de M. BAILLE deux piliers, six ouvertures et lâagrandissement du sanctuaire, ces changements font une augmentation de 3 730 francs.
Lâadjudication des travaux sera attribuĂ©e Ă M. JOUFFROY de Saint-Vit pour la somme de 17 190 francs.

Dans lâexposĂ© du devis des travaux, il est prĂ©cisĂ© que « lâabside circulaire est couverte par une calotte appuyĂ©e contre un mur de pignon. On nâa jamais pu arrĂȘter les gouttiĂšres qui se forment le long de son rivage. » Outre que lâĂ©glise est trop restreinte pour les cĂ©rĂ©monies, trop petite pour la population, câest une des raisons du principe de lâagrandissement.
Les menuiseries, stalles, autel, tout le mobilier et la dĂ©coration seront dĂ©posĂ©s et enlevĂ©s par les soins de la Fabrique qui fera aussi exĂ©cuter la cloison nĂ©cessaire pour fermer la nef pendant les travaux dâagrandissement.
En 1857 : les professionnels retenus pour divers Ă©quipements sont M. MARECHAL, peintre en vitraux, domiciliĂ© Ă Metz pour les vitraux Ă placer dans le sanctuaire, M. LOSINGER pour confectionner les marches dâautel, M. BOUQUIN, marbrier Ă Saint Amour, pour fournir des marbres de toute couleur pour la reconstruction du maitre-autel, M. BIGANDET, sculpteur doreur Ă Besançon pour le tabernacle.
 En aoĂ»t 1858 : « Il Ă©tait urgent et indispensable de construire au fond du sanctuaire de lâĂ©glise un retable, consistant en quatre colonnes, corniche en marbre, dây placer un tableau pour lâorner ». Vote de 10 000 francs.
Le maire est autorisĂ© Ă traiter avec M. BOURQUIN, marbrier Ă Saint-Amour (Jura), avec le Sieur BIGANDET, doreur Ă Besançon, et pour le tableau avec M. BAILLE, peintre dâhistoire Ă Besançon.
En octobre 1859 : « la commune a fait des sacrifices assez considĂ©rables pour doter son Ă©glise de vitraux peints assez remarquables et que, par consĂ©quent, pour les conserver et les soustraire Ă quelques accidents, il est indispensable dây placer des grillages ». Travail confiĂ© Ă M. SAGE, maĂźtre serrurier Ă Franois, qui rĂ©alisera par ailleurs des colonnes en fer pour le retable.
En fĂ©vrier 1860 : les deux fenĂȘtres du transept sont entiĂšrement usĂ©es et donnent passage Ă la pluie et au vent, il est impossible de les laisser en cet Ă©tat. Il est urgent de les faire semblables Ă celles du sanctuaire. Il est proposĂ© de passer un marchĂ© avec M. MARECHAL, peintre en verre Ă Metz. Vote de 1 270 francs 65 centimes. Ces fenĂȘtres seront, comme les autres, reconnues par lâarchitecte de la commune.
En novembre : « LâĂ©glise Ă©tant dĂ©pourvue de confessionnaux, il fallait profiter dâune circonstance tout Ă fait providentielle : le Sieur Jean François JOLY, menuisier Ă Franois, se trouvant possĂ©der deux confessionnaux tout neufs, en bon bois de sapin, peints couleur de chĂȘne dâune grande et vaste dimension, bien commodes et mĂȘme Ă©lĂ©gants dans leur façon, les offre Ă la commune de Franois pour un prix fort modique qui ne va pas Ă la moitiĂ© de leur valeur. Le Conseil Municipal dâaprĂšs les observations de M. BAILLE, architecte, reconnaissant que lesdits confessionnaux sont dâune valeur bien supĂ©rieure au prix demandĂ© par M. JOLY. » vote la somme de 370 francs.
En dĂ©cembre : le tableau reprĂ©sentant lâImmaculĂ©e Conception de la Sainte Vierge et « rĂ©pondant parfaitement aux exigences des personnes les plus minutieuses » sera rĂ©glĂ© fin 1860 Ă M. BAILLE.
Comme dans tout bĂątiment, aprĂšs la construction, vient le temps de lâentretien maintenance, des rĂ©parations et quelques nouveaux Ă©quipements.
LâHORLOGE
En mai 1878 : lâhorloge installĂ©e en 1832 « ne peut plus marcher, la piĂšce principale, lâĂ©chappement sâĂ©tant brisĂ© par les gelĂ©es du dernier hiver. Les habitants de la commune, en travaillant Ă la campagne ont lâhabitude de lâentendre sonner et savent Ă quel moment de la journĂ©e ils se trouvent. Cette privation leur pĂšse. Lâhorloge actuelle ne peut plus ĂȘtre rĂ©parĂ©e. Il est proposĂ© de traiter de grĂ© Ă grĂ© avec un horloger pour en acquĂ©rir une nouvelle. »
Les travaux de confection et mise en place de lâhorloge sont assurĂ©s par lâentreprise PRETRE, pĂšre et fils, de Rosureux, canton du Russey, avec une garantie de 10 ans. Elle fonctionnera quatre jours aprĂšs avoir Ă©tĂ© remontĂ©e. Elle frappera lâheure sur la petite cloche qui sera rĂ©pĂ©tĂ©e Ă deux minutes dâintervalle sur la grosse cloche. La demi-heure sera annoncĂ©e par un seul coup sur la petite cloche. Un horloger expert sera nommĂ© pour vĂ©rifier que le cahier des charges a Ă©tĂ© respectĂ©. Câest M. PESCHELOCHE qui assurera cette mission.
Lâhorloge sera renfermĂ©e dedans un buffet ou armoire en propre menuiserie, peint, vitrĂ©, fermant Ă clef. Prix :
2 400 francs, minorĂ©s de 200 francs pour reprise de lâancienne horloge.
En mars 1896, la rĂ©paration de lâhorloge communale est effectuĂ©e par M. RAHN, horloger, pour la somme de 130 francs.
En 1933, un marchĂ© est passĂ© avec M. PRETRE Lucien, horloger Ă Rosureux pour installation de cadrans et mise en marche parfaite de lâhorloge (2 900 francs) et rĂ©parations diverses.
En 1972, il est procĂ©dĂ© Ă la rĂ©vision complĂšte de lâhorloge en atelier en mĂȘme temps quâune remise en Ă©tat de la petite cloche.
En 1976, le remplacement dâun cadran de lâhorloge sera effectuĂ© par lâentreprise PRETRE de Bretonvillers.
LE BEFFROI
En juin 1861 : « Le beffroi se trouve dans un Ă©tat tel quâil a Ă©tĂ© nĂ©cessaire de poser des barres de renfort pour le consolider car la charpente de la grosse cloche ayant Ă©tĂ© placĂ©e postĂ©rieurement Ă celle de la petite et au-dessus de celle-ci, elle a Ă©prouvĂ© de si fortes secousses, quâon a dĂ» faire immĂ©diatement des rĂ©parationsâŠÂ » Elles ont Ă©tĂ© confiĂ©es Ă M. Jean SAGE, serrurier Ă Franois pour 250 francs.
En 1968 : la réparation du beffroi est assurée par les Ets DOR de Dijon pour la somme de 5 800 francs.
En 1981 : le remplacement du bois par des éléments métalliques est réalisé dans le beffroi et la petite cloche est mise en place en partie supérieure.
LES CLOCHES
La petite cloche : Nom « Edith », DiamĂštre 136,7 cm, poids 1 420 kg, Fondue par BOURNEZ (FrĂšres et SĆur) Ă Morteau, en 1890, Chante le Do3. Elle a Ă©tĂ© acquise et installĂ©e en 1831.
Parrain : Robert de LINIERS, Marraine : Edith de BEAUSĂJOUR (Sources : CLOCHESCOMTOISES)
La grosse cloche : Nom : « Jeanne Victorine Sidonie », diamĂštre 160,2 cm – poids : 2 560 Kg. Fondue par Bournez (PĂšre et fils) Ă Morteau en 1853 (Source CLOCHESCOMTOISES). Chante le Si2.
Parrain : Jean-Pierre CORNE, Marraine : Sidonie de LINIERS née PERTUSIER.
En mars 1853 : la commune, dont les maisons sont dissĂ©minĂ©es sur son territoire, ne possĂšde quâune cloche, de sorte que les habitants des hameaux qui sont Ă©loignĂ©s de 3 ou 4 km du village ne les entendent souvent pas ou ne peuvent distinguer les coups des offices et y arrivent souvent trop tard. Cette dĂ©pense sâĂ©lĂšverait Ă 7 000 francs. La dĂ©cision dâachat dâune seconde cloche se concrĂ©tise en mars 1853 par lâacquisition dâune cloche dâenviron 2 000 kg Ă placer au clocher. MarchĂ© Ă passer avec M. BOURNEY (pĂšre) fondeur Ă Morteau, pour le 15 aoĂ»t prochain.
La facture de M. GĂ©nĂ©reux Constant BOURNEY artiste fondeur Ă Morteau, pour la cloche qui pĂšse 2 525 kg Ă raison de 2,40 francs/kg, ce qui fait la somme totale 8 585 francs. A dĂ©duire de cette somme lâancienne cloche pesant 145 kg Ă 2,50 francs / kg soit 362 francs.
En octobre 1875 : la réparation de la cloche et du beffroi par les soins de M. BOURNEZ, fondeur à Morteau, est effectuée pour 800 francs.
Une convention est passée entre le maire et M. BOURNEZ, fondeur mécanicien demeurant à Morteau :
« M. BOURNEZ sâengage Ă changer Ă nouveau et Ă mettre Ă neuf le systĂšme de roulement des deux cloches de Franois, systĂšme de roulement identique Ă celui placĂ© aux grosses cloches composant la sonnerie de la mĂ©tropole de Besançon, soit Ă la tour paroissiale de Saint-Jean. »
En mars 1890 : la plus petite et la plus employĂ©e des deux cloches est fĂȘlĂ©e et hors dâusage. Le Conseil Municipal dĂ©cide de remplacer cette cloche par une nouvelle qui sera du mĂȘme poids et en accord avec la grosse ; il dĂ©cide dâen placer une sur le fronton de la maison commune pour le service des Ă©coles et dĂ©cide de traiter avec M. BOURNEZ fondeur Ă Morteau.
Une convention est Ă©tablie entre le maire de Franois et M. BOURNEZ. « Il existe au-dessus de la tour de lâĂ©glise de Franois une cloche fĂȘlĂ©e et hors dâusage que la commune est dans lâintention de faire refondre. Cette cloche a un diamĂštre de 1 m 360 et peut peser 1 500 Kg. Il faut la refondre du mĂȘme poids afin de lui conserver le mĂȘme son et que lâaccord qui existe entre les deux cloches soit conservĂ©, cette condition dâaccord est garantie par le fondeur. »
« Le sieur BOURNEZ sâengage Ă refondre cette cloche (âŠ) sâengage Ă descendre la vieille cloche de la tour, la commune en fera le transport depuis le pied de la tour jusquâen gare de Besançon , le transport en chemin de fer Ă©tant Ă la charge de lâentrepreneur comme aussi le transport de la nouvelle cloche jusquâen gare de Besançon oĂč la commune la prendra pour la conduire au pied de la tour oĂč le fondeur la prendra pour la monter Ă la place qui lui est indiquĂ©e et lâajuster convenablement de niveau et dâĂ©querre afin que lâon puisse faire sonner cette cloche avec autant dâaisance que possible. Cette nouvelle cloche sera (âŠ) revĂȘtue des ornements dâusage et portant en relief les inscriptions qui seront dictĂ©es par lâadministration municipale. »
Le fondeur sâengage en outre Ă fournir une petite cloche de 50 Kg qui sera assortie de tous les accessoires de sonnerie et roulement, enfin tout jusquâĂ la corde et mise en place au fronton de la maison commune âŠ
Le poids des cloches sera constaté sur la bascule publique établie au-devant de la maison commune. Coût : 1 937,50 francs
En mai 1890 : le Conseil Municipal trouve que la cloche fournie par M. BOURNEZ nâest pas en accord avec lâautre, nâa pas un son agrĂ©able, quâelle ne remplit pas les conditions du marchĂ© et est dâavis de la refuser, souhaite nommer un expert pour la vĂ©rification de la cloche refondue (100 francs).
En juillet 1892, le Conseil Municipal vote une somme en faveur de la Fabrique pour faire sonner la grosse cloche rĂ©guliĂšrement (service des cloches et du chant) et les annĂ©es suivantes, avec le droit de supprimer cette subvention sâil y avait interruption du service.Â
En octobre 1893 : les persiennes du clocher sont pourries et doivent ĂȘtre renouvelĂ©es, remplacĂ©es par des persiennes en tĂŽle peinte. Plans et devis sont dressĂ©s par M. BOUTTERIN Marcel, architecte Ă Besançon.
En mai 1905, « Le Conseil Municipal demande au prĂ©fet lâautorisation de sonner avec la cloche le rĂ©veil, le repas Ă midi et la retraite le soir âŠÂ »
En Août 1925 : les cloches sont réparées par M. FAUCONNET spécialiste à Besançon pour la somme de 1 680 francs.
En 1952, suite Ă usure, les cloches sont mises sur billes par lâentreprise POURCELOT de Houtaud.
En dĂ©cembre 1953, le devis pour Ă©lectrification des cloches par lâentreprise PRETRE de Bretonvillers est retenu.
En 1972, une remise en Ă©tat de la petite cloche en mĂȘme temps quâune rĂ©vision complĂšte de lâhorloge en atelier et sont effectuĂ©es.
En 1981 : le remplacement du bois par des éléments métalliques est réalisé dans le beffroi et la petite cloche est mise en place en partie supérieure.
LâORGUE
Le 14 janvier 1843, sur demande du Conseil de fabrique ayant pour objet lâacquisition dâun jeu dâorgue pour lâĂ©glise, le Conseil Municipal vote une somme de 5 000 francs considĂ©rant que celle-ci est dans lâintĂ©rĂȘt du culte et du bien gĂ©nĂ©ral.
Le 1er juin, le devis/marchĂ© est Ă©tabli entre M. BENOIT et la commune de Franois pour construction dâun orgue de 2,67 m propre à  « desservir lâoffice divin et Ă dĂ©corer lâĂ©glise de Franois ».
M. BENOIT, facteur dâorgue domiciliĂ© Ă Paris, rue Greneta « sâengage Ă fournir un orgue de 2,67m Ă la commune de Franois, vendu et posĂ© pour le 20 aoĂ»t prochain ». Lâorgue sera confectionnĂ© selon un cahier des charges bien dĂ©taillĂ©.
Notamment : lâorgue sera confectionnĂ© avec 2 claviers de lâĂ©tendue de 54 touches, un clavier Ă pĂ©dale, matĂ©riau en Ă©tain, laiton, bois sapin et chĂȘne.
Le 24 aoĂ»t, le Conseil Municipal « a observĂ© que le jeu dâorgue placĂ© Ă la tribune de lâĂ©glise paroissiale par M. BENOIT, facteur dâorgue, Ă©tant reconnu comme bon et bien fait par deux organistes de Besançon, comme lâatteste le Conseil de fabrique tĂ©moin de lâexpertise, il fallait en consĂ©quence le recevoir selon les clauses du marchĂ©âŠÂ »
Le 15 dĂ©cembre, le Conseil vote une somme pour la confection du buffet de lâorgue et prolongement de la tribune.
Le 1er juin 1862, le Maire expose au Conseil Municipal que « le jeu dâorgues ainsi que la soufflerie sont dans un tel Ă©tat de dĂ©labrement quâil est impossible de les laisser plus longtemps sans sâexposer Ă de plus grandes dĂ©penses ». La dĂ©cision est prise de faire rĂ©parer soufflerie et jeu dâorgues par Charles VERSCHNEIDER, facteur dâorgues Ă Paris, 80 Boulevard Montparnasse. Une convention est Ă©tablie entre les deux parties qui prĂ©cise charges et conditions pour la somme totale de 1 000 francs.
Note : Les orgues VERSCHNEIDER : Besançon (Notre-Dame, 30 rue MĂ©gevand), Naisey-les-Granges, Saint-Eustache Ă ParisâŠ
En mĂȘme temps que la soufflerie, sont prĂ©vus des travaux de rĂ©paration des piĂšces usagĂ©es, rĂ©glages, etc.
AprĂšs cette rĂ©novation et jusquâen 1905, (date de la loi de sĂ©paration des Ăglises et de lâĂtat), de la suppression des Fabriques, aucune trace dâautres travaux nâapparait dans les dĂ©libĂ©rations du Conseil Municipal de Franois qui ont pu ĂȘtre consultĂ©es.
Ensuite, Henri DIDIER effectuera des travaux en 1911, Jules BOISSIER en 1927 et Curt SCHWENKEDEL en 1954. Ce dernier mit en place un nouveau pĂ©dalier de 30 notes. Dâorigine, le soufflet Ă©tait actionnĂ© Ă la main. Il fut Ă©lectrifiĂ© ensuite.
En 1974, une restauration de lâorgue sâimposant, elle fut confiĂ©e au facteur dâorgue Alfred KERN. Lâinstrument fut dĂ©montĂ©, emmenĂ© Ă Strasbourg, rĂ©installĂ© Ă sa place actuelle et enfin inaugurĂ© le 11 octobre 1975. La commune supprima la tribune en 1983.
 En 2021, lâorgue a Ă©tĂ© complĂ©tement dĂ©poussiĂ©rĂ©, vĂ©rifiĂ©, rĂ©glĂ© et Ă©quipĂ© dâun nouveau ventilateur (moteur) par M. Claude JACCARD, facteur dâorgue Ă Fahy-lĂšs-Autrey (70).
TRAVAUX et EQUIPEMENTS DIVERS
En novembre 1878 : « autrefois, des arbres ont Ă©tĂ© plantĂ©s dans lâenceinte du devant de lâĂ©glise, quatre tilleuls et deux marronniers ainsi quâun acacia devant une des fenĂȘtres du chĆur ; les arbres ont pris des dimensions considĂ©rables, les feuilles emplissent les chĂ©neaux et entretiennent de lâhumiditĂ© constante dans lâĂ©glise, les racines pĂ©nĂštrent dans le mur dâenceinte et le dĂ©grade ; on va placer une horloge neuve au clocher et les cimes des tilleuls cacheront entiĂšrement la vue des cadrans. Il convient donc de couper les arbres qui portent prĂ©judice Ă lâĂ©glise. »
Déracinement et vente sont réalisés en janvier 1879.
En 1884 : le mur devant lâĂ©glise tombe en ruine. Le mur actuel est Ă angles droits et sera reconstruit en hĂ©micycle, ce qui agrandira la place et parera ainsi aux encombrements inĂ©vitables. Il sera reculĂ© de 3 m et lâentrĂ©e fermĂ©e par une grille. Architecte : M. LAVIE.
En juillet 1901 : le mur dâenceinte de la cour de lâĂ©glise demande une rĂ©fection complĂšte. RĂ©paration urgente et vote de 100 francs.
En 1923, on a installĂ© lâĂ©clairage Ă lâĂ©glise.
En octobre 1928, on a procĂ©dĂ© Ă lâachat dâun corbillard rĂ©alisĂ© par M. PAUTHIER, carrossier Ă Besançon -Saint-Claude pour la somme de 300 francs.
En 1949 : des fenĂȘtres de lâĂ©glise sont rĂ©novĂ©es suite aux dommages subis lors de la libĂ©ration en septembre 1945.
En mai 1954 :  tout le harnachement du corbillard a été remplacé, celui en service étant en mauvais état. Travail confié au bourrelier de Pouilley-les-Vignes, M. BUCY.
Le corbillard a Ă©tĂ© vendu en 1960, aprĂšs passage dâune convention avec les pompes funĂšbres.
En1958, la toiture de lâĂ©glise est rĂ©parĂ©e, sous le contrĂŽle de lâarchitecte M. NOĂ.Â
En 1963 : un premier chauffage est installĂ© Ă lâĂ©glise. Â
« Suite Ă des hivers rigoureux, des pluies persistantes, les murs de lâĂ©glise sâabiment et les boiseries et la charpente souffrent de lâhumiditĂ©. Le contact avec une entreprise de chauffage Ă air pulsĂ© donnerait toutes garanties pour le but recherché »
En 1975 : lâinstallation du chauffage central a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par lâentreprise RUEDIN.
En 1982 : des travaux de ravalement des façades, maçonnerie, pierre de taille, abat-sons, façade latérale gauche sont effectués.
UN VITRAIL PARTICULIER.
Le vitrail « A la mĂ©moire des braves de la commune de Franois morts pendant la guerre de 1914/1818 » est signĂ© PRETOT et BERTHOZ, dont lâatelier Ă©tait Ă Â Besançon et a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en 1930.
Le financement a été assuré par la paroisse. Il représente des soldats blessés et un mourant, une femme agenouillée devant une tombe et des anges.
A lâinitiative du Conseil Pastoral et du comitĂ© de kermesse, de nouveaux vitraux conçus par le maitre verrier Pierre-Alain PAROT de Dijon ont Ă©tĂ© installĂ©s dans le chĆur.
AUTRES SYMBOLES RELIGIEUXÂ :
LA VIERGE DU CHENE BENI
En 1986 : pour des questions de sĂ©curitĂ©, la commune dĂ©cide de couper le chĂȘne situĂ© route de Besançon, au carrefour situĂ© aprĂšs le pont qui enjambe le chemin de fer. Cet arbre appelĂ© « Le chĂȘne bĂ©ni » contenait dans une cavitĂ© creusĂ©e dans lâarbre et recouverte par lâĂ©corce, une statuette de la Vierge, placĂ©e Ă une pĂ©riode inconnue. Lors du tronçonnage, la statuette fut malheureusement coupĂ©e en deux parties. RestaurĂ©e, elle a trouvĂ© place dans une chapelle de lâĂ©glise, prĂšs des fonds baptismaux.
CROIX DE MISSION
Nota : Les croix de mission.
Elles ont Ă©tĂ© Ă©rigĂ©es pour commĂ©morer une manifestation appelĂ©e « mission » destinĂ©e Ă entretenir et stimuler la foi des fidĂšles dans les villes ou villages. Elles Ă©taient prĂȘchĂ©es par des prĂȘtres missionnaires, basĂ©s Ă Ăcole, qui parcouraient le pays en organisant des cĂ©rĂ©monies et des rassemblements importants durant plusieurs jours, au cours desquels ils prĂȘchaient dâune façon percutante et imagĂ©e. A la fin de cette Mission on Ă©levait parfois une croix. La Mission dâEcole a fonctionnĂ© de 1818 Ă 1977.
Le 2 janvier1861, le Maire soumet Ă lâapprobation du prĂ©fet une dĂ©libĂ©ration qui a pour objet lâautorisation de placer une croix de Mission « vu quâil nây a pas une seule croix un peu belle dans la commune et que lâon est Ă la veille dâavoir une Mission », et de pouvoir traiter de grĂ© Ă grĂ© avec le sieur Joly, tailleur de pierre Ă Franois pour le piĂ©destal et avec le sieur DUGOUMOIS et Cie fondeurs Ă Besançon pour la croix et le Christ. »
Devis de Lucien JOLY, pour le piédestal et le soubassement 578 francs.
AprĂšs accord du prĂ©fet, le Conseil Municipal vote la somme de 1 277 francs et 64 centimes. La croix de mission est : « à placer dans le bas du village, en avant du puits qui sây trouve ».
Le 02 avril 1861 : « Lâautorisation demandĂ©e est accordĂ©e dans la condition que le monument sera Ă©rigĂ© de maniĂšre Ă laisser libre pour la voie publique, de chaque cĂŽtĂ© de la construction un espace de 6 m entre les chasse-roues qui peuvent dĂ©jĂ exister sur ces points dâun cĂŽtĂ© ou de lâautre, et ceux dont le monument pourra ĂȘtre flanqué ».
La croix de mission est réceptionnée début mai.
En 1875 : Ă la suite dâune mission en dĂ©cembre 1874, une croix commĂ©morative a Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e aux frais de la commune Ă la bifurcation des chemins de Jallerange Ă Besançon et de Saint-Vit Ă Voray, Ă lâangle infĂ©rieur de la maison du Sieur Jean SAGE.
M. JOLY Lucien, tailleur de pierre résidant à Franois, ouvrier ordinaire de la commune, est chargé des fournitures et des travaux de cette construction. La commune ouvre un crédit de 120 francs.
La consultation des archives communales de Franois, de 1800 Ă 2000 nous montre lâattachement des Ă©lus Ă rĂ©pondre aux attentes de la population de lâĂ©poque. CâĂ©tait un choix, sans nul doute, au prix de certains sacrifices.
Depuis la pose de la premiĂšre pierre en 1828, lâĂ©glise a fait lâobjet dâun entretien rĂ©gulier, mobilisant parfois des fonds importants comme en tĂ©moigne son Ă©tat de conservation aujourdâhui.Â