Le château : Maison de Maître
Dans un acte notarié de 1787, il est précisé qu’un clos entouré de murs dépendait de la seigneurie de Mazerolles dite « De VELLEGUINDRY ». Cette mention permet d’affirmer que ce clos existait dès 1451, date où le dernier des VELLEGUINDRY, Thiébaud, était seigneur de Mazerolles selon plusieurs sources concordantes.
L’ensemble bâti, couramment appelé « le Château » par les Franoisiens, est en réalité une maison de maître.
Un document notarié atteste de l’occupation d’une maison par Clément MALCOURANT (1641-1719). Dans son testament daté du 20 mai 1714, il est écrit que « le clos de la contenance d’environ 8 journaux (1 journal = 33,33 ares) comprend une maison […], un jardin, un verger, une vigne, un vivier, un volier ». Il est précisé que la propriété est complétée par des terres jouxtant le clos.
Au fil des successions et ventes, le Colonel Charles PERTUSIER hérite du domaine en 1823 du Sieur Antoine François BILLOT, sans descendance suite aux décès de son épouse et de son fils. Charles PERTUSIER est l’ancêtre des propriétaires actuels.
Dans les archives familiales, un document datant de 1774 fait apparaître le plan d’une maison de maître correspondant à celle d’aujourd’hui et celui «d’une maison pour un fermier». A ce jour, aucun document sur les dates de construction des deux bâtiments n’a été trouvé. La ferme qui n’apparaît pas sur le cadastre napoléonien datant de 1828 a donc été détruite avant cette date. Cependant, l’existence de cette ferme a été confirmée par le propriétaire, Amaury de LINIERS, décédé en 2022.
A sa place, un potager fut créé remplaçant celui qui était implanté côté sud où se trouve la fontaine de la cour actuelle. Dans les années 1980, Amaury de LINIERS y a aménagé une très belle perspective bordée de statues, de thuyas et de buis taillés en topiaire.
Le bâtiment a subi maintes transformations au cours du temps réalisées par les différentes générations de propriétaires.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, on entrait dans la propriété du côté de la Grande Rue du village. La porte d’entrée de l’époque était aussi large que celle qui s’ouvre aujourd’hui sur la place. A droite en entrant, on trouvait les écuries et les garages à voitures.
Les bâtiments sont toujours existants. Côté Grande Rue, on peut encore voir sur la façade libre de végétation une statue représentant la Vierge Marie dans une petite niche sous laquelle figure une inscription en latin datant de 1774 et son interprétation en français :
« Virgineam puram « Si le nom de Marie
Dum transis ante figuram En ton cœur est gravé
Praetereundo cave En passant ne t’oublie pas
Ne sileatur ave » De lui dire un ave »
La chapelle installée fin XVIIIe siècle sise au premier étage dans l’angle à droite de la façade n’est plus utilisée comme chapelle privée depuis le début du XXe siècle.
En 1888, le toit de la partie gauche a été surélevé pour permettre la création de nouvelles chambres et donner à la façade l’allure qu’on lui connaît aujourd’hui.
Le 8 novembre 1956, le pigeonnier dit « la Tour du Château » s’est effondré dans la Rue de l’Eglise. On peut encore en voir les ruines à gauche en descendant cette rue.
Dans ce château, la fille du propriétaire Léonce de LINIERS, Marie de LINIERS, membre de la Croix Rouge, soigna de nombreux blessés lors des combats de la guerre de 1870.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce lieu devint le siège de la Kommandantur allemande pour le village de Franois.
Les vestiges du mur et des tours du clos ainsi que les façades et la toiture du corps de logis sont inscrits et donc protégés au titre des Monuments Historiques depuis 2002.